La mesure est tombée vendredi dernier. Les entreprises de presse déclarées « non conformes » aux dispositions du code de la presse sont invitées à mettre fin à toute activité de diffusion et de diffusion. Une situation que condamne la coordination des associations de presse au moment où le Conseil des éditeurs et diffuseurs de presse menace de saisir la justice contre l’acte du ministre de la communication, des télécommunications et du numérique. Face à la presse ce mardi, le directeur exécutif de Amnesty International s’est, à son tour, prononcé sur cette question. Seydi Gassama a fermement dénoncé la décision du ministre Alioune Sall.
Loin de condamner la régulation du secteur de la presse, le défenseur des droits humains estime que cette procédure ne peut se faire en années. « Il faut les accompagner dans cette phase d’assainissement, mais pas dans la précipitation », a soutenu Seydi Gassama à l’occasion de la présentation du rapport 2024 de Amnesty International.
Seydi Gassama a rappelé que dès son installation, le ministre de la communication a entamé le processus pour la régularisation des médias, leur mise en conformité avec le Code de la presse. Nous avons un code que tout le monde a accepté et qui pose des obligations aux patrons de presse. Mais les médias ont un rôle important dans la démocratie sénégalaise, un rôle central même dans la transparence des élections au Sénégal ». Seydi Gassama reste convaincu qu’il est quasi impossible de réguler le secteur des médias en une année: « Il faut que le ministre discute avec les acteurs pour trouver les solutions appropriées. L’État peut, par ailleurs, décider de recourir à d’autres moyens pour la régularisation. Et l’aide à la presse peut être une alternative car on peut bien la donner seulement aux médias qui sont dans la légalité ».
Actusen.sn
