Réunis devant la presse, les responsables de l’Alliance pour la République (APR) ont vigoureusement contesté la décision judiciaire maintenant en détention le député-maire des Agnam, Mouhamadou Farba Ngom. Le parti estime que cette mesure relève davantage d’un acharnement politique que d’un traitement strictement judiciaire.
L’APR impute la décision du maintien de Farba en prison au Premier ministre Ousmane Sonko, estimant que l’appel du parquet traduit une volonté manifeste de maintenir certaines personnes en détention coûte que coûte
Revenant sur l’évolution du dossier, les responsables de l’APR ont notamment évoqué la situation de deux personnes mises en cause dans cette affaire : Tahirou Sarr et le député Mohamadou Ngom, dit Farba. Ils ont rappelé que l’annonce de la libération de Tahirou Sarr, intervenue le 12 janvier dernier, avait suscité un large soulagement au sein de l’opinion publique. Une satisfaction de courte durée, selon eux, en raison de l’appel aussitôt interjeté par le procureur du parquet financier.
À ce sujet, l’APR impute cette décision au Premier ministre Ousmane Sonko, estimant que l’appel du parquet traduit une volonté manifeste de maintenir certaines personnes en détention coûte que coûte. Pour le parti, il s’agit d’une récidive, rappelant qu’il s’agit de la deuxième fois qu’une ordonnance de remise en liberté est immédiatement contestée par le parquet dans ce dossier.
Les responsables de l’APR dénoncent ainsi une justice à géométrie variable, marquée par une inégalité de traitement entre des personnes poursuivies pour les mêmes faits. Ils soulignent que Farba Ngom demeure aujourd’hui le seul détenu dans cette affaire, malgré des éléments qu’ils jugent favorables à une mesure de liberté provisoire.
Au sujet de la Conférence de presse de Yassine Fall sur l’affaire Farba Ngom, les responsables du parti parlent d’une conférence de panique » plutôt qu’un exercice institutionnel normal
Le parti évoque, à cet égard, une succession d’actes qu’il considère comme révélateurs d’un acharnement : la levée de l’immunité parlementaire du député, son exclusion du poste de vice-président de l’Assemblée nationale, ainsi que des accusations répétées, sans preuves définitivement établies, depuis près d’un an.
L’APR insiste également sur l’état de santé du député-maire des Agnam. Selon le parti, des rapports médicaux attesteraient de l’incompatibilité de son état avec la détention carcérale. Malgré cela, Farba Ngom demeure incarcéré, une situation que l’APR qualifie d’inhumaine et contraire aux principes fondamentaux de l’État de droit.
L’APR s’interroge sur le rôle de la ministre, l’accusant de se substituer au procureur dans la conduite de ce dossier judiciaire
Par ailleurs, les responsables du parti ont vivement critiqué la sortie publique de la garde des Sceaux, ministre de la Justice. Ils estiment que la conférence de presse de Yassine Fall s’apparentait davantage à une « conférence de panique » qu’à un exercice institutionnel normal. L’APR s’interroge sur le rôle de la ministre, l’accusant de se substituer au procureur dans la conduite de ce dossier judiciaire. Pour l’Alliance pour la République, il ne fait aucun doute que ce dossier revêt une dimension essentiellement politique. Le parti rejette catégoriquement l’hypothèse d’un traitement purement judiciaire et soutient qu’en présence d’un détenu malade, la loi permet parfaitement une libération sous contrôle judiciaire. Qualifiant la décision de maintien en détention d’« hérésie juridique », l’APR pose une question qu’elle juge centrale : comment expliquer que deux personnes inculpées pour les mêmes faits soient traitées de manière différente ? Une interrogation que le parti adresse directement à la justice sénégalaise. Face à cette situation, l’Alliance pour la République exige la fin de toutes les détentions qu’elle considère comme arbitraires et réclame la libération sans condition des personnes concernées.
Ils annoncent également des concertations avec les forces démocratiques et citoyennes, ainsi que l’organisation prochaine d’une marche nationale
Un plan d’action a été annoncé à l’issue de la conférence de presse. Il prévoit une tournée auprès des autorités religieuses, des organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains ainsi que des représentations diplomatiques, dans le but, selon le parti, de préserver l’image et la stabilité du Sénégal. L’APR annonce également des concertations avec les forces démocratiques et citoyennes, ainsi que l’organisation prochaine d’une marche nationale. Les responsables de l’APR ont estimé que la République est en danger et que la démocratie est en péril, appelant à une mobilisation générale pour leur sauvegarde. À noter que cette sortie de l’APR est intervenue après la conférence de presse de la garde des Sceaux, au cours de laquelle la ministre de la Justice, Yassine Fall, a évoqué de nouveaux éléments susceptibles d’alourdir le dossier judiciaire de Farba Ngom.
Amadou DIA (Actusen.sn)
