C’est un changement de paradigme qui se profile dans le système éducatif sénégalais. Conformément à la Directive n°14 issue du Conseil interministériel sur la préparation des examens et concours, le Ministère de l’Éducation nationale s’apprête à supprimer, dès 2026, le concours d’entrée en classe de Sixième. Une décision qui s’inscrit dans la volonté de l’État du Sénégal de rendre l’école plus équitable, inclusive et conforme au principe de la scolarité obligatoire.
C’est désormais acté, à partir de la session 2026, le concours d’entrée en classe de sixième va disparaître au profit d’un dispositif centré sur le CFEE, géré directement dans les centres
Dans une correspondance officielle adressée aux Inspecteurs, le ministre invite l’ensemble de l’administration éducative à anticiper la mise en œuvre de cette réforme, en attendant la note de cadrage annoncée dans ce sens. L’objectif est clair : éviter toute improvisation et garantir une transition maîtrisée entre le CM2 et le collège.
Une note interne adressée aux inspecteurs, depuis hier, fixe déjà les premières orientations et annonce une profonde réorganisation du cycle élémentaire–moyen
S’agissant de la suppression du concours d’entrée en Sixième, les Inspecteurs sont appelés à déployer des stratégies de communication et de sensibilisation à l’endroit des enseignants, des parents d’élèves et des partenaires de l’école. Il leur est également demandé de dresser un état des lieux précis des établissements du moyen, tant sur le plan des infrastructures que des besoins en personnel, afin de préparer l’accueil effectif des futurs élèves de Sixième.
Autre axe majeur : la mise en place, dès maintenant, de dispositifs de soutien pédagogique pour les candidats au CFEE, ainsi que l’élaboration, en lien avec les principaux de collèges, de mécanismes facilitant la transition entre le cycle élémentaire et le cycle moyen.
Le CFEE recentré dans les centres d’examen
La réforme touche également l’organisation du CFEE, dont la gestion devra désormais être assurée dans les centres d’examen. À ce titre, les Inspecteurs sont invités à faire le point sur le nombre de candidats, la capacité d’accueil des centres et les ressources humaines disponibles, en respectant les ratios fixés : deux surveillants par salle et un correcteur pour 80 copies, avec un plafond de 250 candidats par centre. Il leur revient aussi d’identifier des enseignants compétents en informatique susceptibles d’être nommés chefs de centre ou assistants de saisie, tout en anticipant les contraintes éventuelles et en mettant en place des dispositifs de mitigation adaptés.
Sensibilisation, accueil et accompagnement pédagogique : Une réforme sous haute vigilance
En appelant à une exécution « diligente » de ces directives, le ministre place les Inspecteurs et les Inspecteurs de l’Éducation et de la Formation au cœur du dispositif. Reste désormais à voir comment cette réforme structurante sera accueillie sur le terrain et si les moyens suivront les ambitions affichées. Une chose est sûre : la suppression du concours d’entrée en Sixième marque un tournant décisif pour l’école sénégalaise.
Actusen.sn
