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Tensions avec Diomaye : Ousmane Sonko voit un complot contre Pastef et met en garde

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Sorti de son silence après plusieurs jours de tensions au sommet de l’État, Ousmane Sonko a livré, ce mardi, une charge d’une rare violence contre le président Bassirou Diomaye Faye. Accusant ce dernier de vouloir « déstabiliser Pastef », le président de l’Assemblée nationale a détaillé les dessous des discussions ayant précédé la formation du nouveau gouvernement tout en mettant en garde le pouvoir contre toute tentative d’utilisation des institutions de l’État à des fins politiques.

Derrière les sourires de façade, la rupture semble désormais consommée entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye. Devant ses partisans ce mardi, le leader de Pastef a levé le voile sur ce qu’il présente comme une série de manœuvres du chef de l’État visant à contourner les instances dirigeantes du parti. « Il (Bassirou Diomaye Faye) est dans des stratégies pour déstabiliser Pastef. C’est pourquoi il a essayé de négocier directement avec des membres du parti sans passer par les instances directrices et autres canaux officiels », a-t-il affirmé.

« Il (Bassirou Diomaye Faye) est dans des stratégies pour déstabiliser Pastef. C’est pourquoi il a essayé de négocier directement avec des membres du parti sans passer par les canaux officiels »

Selon lui, Bassirou Diomaye Faye aurait même revendiqué une légitimité supérieure au sein de la formation politique. « Au cours d’une réunion, il a déclaré qu’il est le plus représentatif dans Pastef. Ce jour-là, je lui ai dit : il faut sortir dans la rue et appeler à un meeting, sans Ousmane Sonko. Si tu réunis 100 personnes, j’estime que Pastef n’existe pas. À commencer par Ndiaganiao, ta commune que tu ne peux pas gagner », dira Sonko.

“Il a refusé de s’entretenir avec moi et certains lieutenants que j’avais désignés”

Le président de l’Assemblée nationale estime que le malaise entre les deux hommes est devenu personnel. « Il a refusé de s’entretenir avec moi et certains lieutenants que j’avais désignés. Alors qu’il a dialogué avec des gens qui n’ont rien fait pour qu’il soit au pouvoir. Son problème semble être moi. C’est devenu un problème personnel. On dirait qu’il ne peut même plus me voir en peinture », a-t-il lancé.

« Si ce n’était pas pour l’intérêt supérieur de la Nation, peut-être qu’on ne se reverrait plus jamais, car son problème semble être moi. C’est devenu un problème personnel »

Revenant sur les tractations ayant précédé leur récente rencontre, Ousmane Sonko a indiqué que celle-ci n’avait été possible qu’à la suite d’une médiation conduite notamment par le Premier ministre Al Aminou Lo. « Finalement, on s’est rencontrés après une médiation d’Al Aminou Lo et d’autres personnes. Et si ce n’était pas pour l’intérêt supérieur de la Nation, peut-être qu’on ne se reverrait plus jamais », a-t-il ajouté. Il poursuit « Il m’a envoyé un message le lundi tard dans la soirée pour me demander de passer au Palais. Je lui ai dit que je ne pourrais pas. Mais je passerai le lendemain à 8 heures. Voilà comment s’est passé le processus de notre rencontre dans la forme », a-t-il expliqué.

“Ce sera inacceptable de passer par le Conseil constitutionnel pour me destituer à la tête de l’Assemblée nationale”

Malgré la gravité de ses accusations, le leader de Pastef assure ne pas vouloir engager une épreuve de force avec le nouveau gouvernement. « Nous ne ferons aucune motion de censure à moins que le Président et ses hommes nous attaquent en premier », a-t-il prévenu. D’ailleurs, il estime que “la provocation a démarré avec la saisine du Conseil constitutionnel par une partie des députés de l’opposition pour [le] destituer à l’Assemblée nationale.” « S’il demeure dans cette logique, nous allons réagir. Et ce politiquement. Car ce sera inacceptable de passer par le Conseil constitutionnel pour me destituer. C’est vous dire que nous sommes en train de vivre pire que ce que nous avons connu sous l’ancien régime », s’est-il désolé.

“S’ils utilisent la force de l’État pour nous combattre, nous utiliserons tous les moyens légaux que nous confère la Constitution pour leur faire face”

Ce n’est pas tout. Car Ousmane Sonko affirme que les préoccupations des Sénégalais doivent primer sur les querelles politiques. « Nous ne sommes pas les adversaires du Président Diomaye Faye et de son Gouvernement. Ils doivent parler au Peuple qui est inquiet. L’hivernage arrive et la probable hausse des prix inquiète », a-t-il déclaré. Tout en dénonçant ce qu’il considère comme des provocations du pouvoir, il a appelé les militants de Pastef à faire preuve de retenue. « Ils sont dans la provocation et j’appelle les Patriotes à ne pas répondre. Il y a certains militants qui détruisent plus qu’ils ne construisent pour le parti en publiant ou en faisant des déclarations fracassantes », a-t-il insisté. Le président de Pastef a également évoqué les convocations de Cheikh Bara et Guy Marius Sagna, qu’il considère comme faisant partie d’un plan plus vaste. « Les convocations de Cheikh Bara et Guy font partie de cette stratégie de provocation. Le procureur sait qu’il ne peut pas les convoquer », a-t-il soutenu. Avant d’adresser un avertissement clair au camp présidentiel : « S’ils utilisent la force de l’État pour nous combattre, nous utiliserons tous les moyens légaux que nous confère la Constitution pour leur faire face. »

Actusen.sn

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