Le président du mouvement République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a annoncé hier l’ouverture d’une procédure judiciaire en Espagne dans l’affaire du contrat d’électrification rurale attribué à la société AEE Power EPC par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Face à la presse, le parlementaire a indiqué qu’une plainte déposée contre AEE Power EPC et contre X a abouti à l’ouverture, le 24 février 2026 à Madrid, d’une procédure judiciaire intitulée « Diligencias Previas 140/2026 ».
Le député non-inscrit annonce l’ouverture, le 24 février 2026 à Madrid, d’une procédure judiciaire intitulée « Diligencias Previas 140/2026 » après qu’une plainte a été déposée contre AEE Power EPC et contre X dans l’affaire Aser
Selon lui, les juridictions espagnoles ont déjà entamé leurs diligences. Un courrier officiel a été adressé à l’entreprise pour qu’elle justifie, dans un délai de dix jours, l’utilisation des fonds perçus dans le cadre du contrat. Un second courrier a également été envoyé à la banque Banco Santander afin qu’elle fournisse au tribunal les informations relatives à la destination de ces fonds.
« Près de 37 milliards ont été décaissés alors que moins de 1,5 % des travaux ont été réalisés », rappelle Thierno Alassane Sall pour s’en offusquer
Dans son réquisitoire, Thierno Alassane Sall a insisté sur les montants déjà engagés dans ce projet. Le contrat, d’une valeur de plus de 91 milliards de francs CFA (environ 140 millions d’euros), devait permettre d’accélérer l’électrification de plusieurs zones rurales du Sénégal. Mais, selon le député, près de 40 % du montant total — soit environ 37 milliards de francs CFA — ont déjà été décaissés alors que le projet n’a pratiquement pas démarré. « Plus de la moitié du délai contractuel est écoulé et pourtant moins de 1,5 % des travaux ont été réalisés », a-t-il dénoncé, évoquant une situation « extrêmement préoccupante » pour les finances publiques.
« Le gouvernement doit des explications claires aux Sénégalais sur les responsabilités dans cette affaire »
L’ancien ministre de l’Énergie s’interroge également sur l’attitude des autorités sénégalaises dans ce dossier. Il rappelle qu’une plainte avait déjà été déposée le 16 octobre 2025 auprès du Pool judiciaire financier, avec une enquête confiée à la Section de recherches de la gendarmerie. Mais, près de six mois après cette saisine, aucune information officielle n’aurait été communiquée aux plaignants sur l’état d’avancement de la procédure.
Pour Thierno Alassane Sall, le silence du gouvernement contraste avec les engagements de transparence affichés par les nouvelles autorités. Il déplore qu’aucune mesure forte n’ait été prise contre l’entreprise, notamment la mise en demeure, l’ouverture de poursuites ou encore l’activation des garanties prévues par la SONAC. « Le gouvernement doit des explications aux Sénégalais », dira le député non-inscrit.
Dans la même veine, le parlementaire estime que les autorités ont tardé à évoquer publiquement le dossier. Il affirme que la première référence officielle à cette affaire n’est apparue que lors du communiqué du Conseil des ministres du 11 mars 2026. Dans sa communication du 12 mars, le Premier ministre Ousmane Sonko avait évoqué de possibles « progrès » dans le dossier ASER–AEE Power EPC. Une déclaration que Thierno Alassane Sall juge insuffisante. « Le gouvernement doit des explications claires aux Sénégalais sur le sort des 37 milliards déjà décaissés et sur les responsabilités dans cette affaire », a-t-il insisté, appelant à faire toute la lumière sur ce qu’il considère comme un dossier sensible pour la gestion des deniers publics.
Actusen.sn
