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Turquie: les électeurs aux urnes pour un scrutin sous haute surveillance

Les bureaux de vote ont maintenant ouvert en Turquie. Quelque 56 millions de citoyens, dont la moitié âgés de moins de 30 ans, sont appelés aux urnes pour des législatives (à un tour) et le premier tour de la présidentielle au terme d’une campagne éclair puisque la date du scrutin a été avancée de 18 mois par le président sortant et candidat Recep Tayyip Erdogan. Un scrutin sous haute surveillance dans un pays polarisé car l’enjeu des ces élections est considérable puisque le vainqueur sera doté de pouvoirs renforcés et que l’indétrônable président turc a cette fois-ci trouvé un rival en la personne de Muharrem Ince.

Ce scrutin s’annonce comme le plus serré depuis l’avènement de Recep Tayyip Erdogan au pouvoir, il y a 15 ans. On l’a vu encore hier samedi, avec la forte mobilisation notamment, de l’opposition pour le dernier grand meeting du candidat Muharrem Ince à Istanbul. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont participé à cette rencontre, rappelle notre correspondant Alexandre Billette. C’est que pour la première fois depuis très longtemps il y a une vraie possibilité pour l’opposition, qui est en partie unie cette fois-ci de déstabiliser à tout le moins Recep Tayyip Erdogan. Peut-être même de remporter la majorité à l’assemblée nationale ce soir même si, le président sortant a lui aussi mobilisé ses partisans grâce notamment à la puissante machine électorale et médiatique de l’AKP.

La crainte d’éventuelles fraudes

Une campagne qui a passionné un électorat très polarisé… les Turcs sont déjà habituellement très mobilisés lors des élections avec des taux de participation supérieurs à 80 % en général. Une participation qui pourrait même être encore plus élevée cette fois-ci selon les instituts de sondage.

Tous les partis d’oppositioncraignent des irrégularités lors de cette journée d’élection. Aussi on attend, dans les bureaux de vote jusqu’à 500 000 observateurs à travers le pays. Des ONG indépendantes ont formé des bénévoles depuis plusieurs semaines, il y aura aussi des observateurs des partis politiques. Les avocats de Turquie eux ont mis en place un centre de crise pour envoyer des spécialistes là où des irrégularités auraient été dénoncées.

Une plateforme de suivi électoral de l’opposition

Pour le politologue Ahmet Insel, l’opposition pour se faire entendre doit d’une part mobiliser les électeurs, et d’autre part lutter contre de possibles fraudes. Faire en sorte que «les bulletins qui sont rentrés dans les urnes sortent intacts des urnes le soir des élections. Pour cela, les cinq partis d’opposition – y compris donc le Parti démocratique du Peuple -, ont constitué une plateforme de suivi électoral, qui aujourd’hui, dès la fermeture des urnes, vont centraliser toutes les informations qui vont venir.

Des militants, des représentants du parti présents dans les bureaux de vote aux quatre coins de la Turquie – il y a 163 000 urnes en Turquie –, vont transmettre [leurs informations] à cette plateforme pour empêcher, justement, qu’il y ait des fausses transcriptions, des erreurs de transcription ou des fraudes organisées. C’est une première en Turquie ».

Enfin, le gouvernement a également annoncé le déploiement de policiers en nombre pour assurer la sécurité: 38000 policiers notamment, seulement pour la ville d’Istanbul.

Rfi.fr

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