Il est le premier à intervenir. Le ministre de l’Enseignement supérieur est revenu tour à tour sur les défis auxquels font face nos Universités. Sur la question sensible des interventions des forces de sécurité, le ministre a tenu à lever toute ambiguïté. Contrairement aux accusations portées par certains acteurs, « les franchises universitaires n’ont jamais été violées par l’État », a-t-il assuré. S’appuyant sur la loi 94-79, il a précisé que ces franchises ne concernent que les espaces pédagogiques (facultés, instituts, UFR), tandis que le campus social est assimilé à un quartier ordinaire relevant de la police administrative.
« Certains responsables étudiants restent trop longtemps à l’Université où ils sont influencés et financés par des opposant pour déstabiliser le campus »
Revenant sur le système universitaire, Pr Daouda Ngom semble dépité. Selon lui, une frange de responsables étudiants « s’éternise » dans le système universitaire, au point de susciter des interrogations sur la sincérité de leur engagement académique. Pour illustrer son propos, il a cité le cas d’un responsable étudiant âgé de 31 ans, présent à l’université depuis une dizaine d’années. Une situation qui, aux yeux du ministre, pose la question de la représentativité réelle de ces leaders, soupçonnés de privilégier le militantisme au détriment des études.
Selon Daouda Ngom : des individus occuperaient des chambres réservées aux étudiants, alors qu’ils ne sont pas inscrits à l’Université : “Ils se réveillent et vont faire du Thiak-Thiak le matin pour revenir passer la soirée au campus”
Ce n’est pas tout. Car Daouda Ngom a dénoncé ce qu’il qualifie d’« influences politiques extérieures ». « Les leaders sont influencés et même financés par des opposants. Ils sont identifiés », dira-t-il. Et d’ajouter : « L’université n’est pas un champ politique. L’avenir des étudiants ne doit pas être politisé. » Pr Daouda Ngom ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Le ministre a aussi cité un autre cas et non des moindres. Des individus occuperaient des chambres réservées aux étudiants, alors qu’ils ne sont pas identifiés comme tels. “Ils se réveillent et vont faire du Thiak-Thiak le matin pour revenir passer la soirée au campus”, regrette le ministre.
Toutefois, face aux tensions récurrentes, le ministre affirme privilégier le dialogue. Il a rappelé l’organisation des assises de l’enseignement supérieur en juillet 2025, les rencontres régulières avec les amicales étudiantes et les syndicats, ainsi que la mise en place d’un comité sectoriel de dialogue social avec l’appui du Haut Conseil du dialogue social.
« L’État ne doit aucun arriéré de bourses aux étudiants »
Concernant les bourses, autre point de crispation majeur, Pr Ngom s’est voulu catégorique : « À ce jour, l’État ne doit aucun arriéré de bourses aux étudiants ». Selon lui, les allocations sont régulièrement versées « au plus tard le 5 de chaque mois ». Les contestations actuelles seraient liées à une « incompréhension » autour de la réforme de la « présence effective », qui fait désormais coïncider le versement de la bourse avec la période réelle de présence de l’étudiant à l’université.
« Les franchises universitaires n’ont jamais été violées »
« L’étudiant commence à percevoir sa bourse à compter de la date de son inscription », a-t-il expliqué, tout en rassurant que les bénéficiaires percevront bien « l’intégralité de leurs bourses ». Pour appuyer son argumentaire, le ministre a rappelé que l’État a mobilisé environ 105 milliards de FCFA pour les bourses en 2025. Il a également souligné l’important effort consenti dans la restauration universitaire, où l’étudiant ne paie que 250 FCFA par jour pour trois repas, contre un coût réel largement subventionné par l’État.
Actusen.sn
