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Fonds politiques et les crédits alloués à la Primature : les précisions de Ousmane Sonko

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Sur la polémique autour du montant des fonds politiques, Ousmane Sonko a voulu apporter une clarification après la sortie du Ministre Abdourahmane Diouf à ce sujet. «Ce n’est pas vrai. Le montant du fonds politique est de 1,7 milliard. C’est annuel. C’est de l’intoxication », a-t-il déclaré, en réponse notamment aux chiffres avancés dans le débat public. Le président de l’Assemblée nationale a également expliqué que la Primature dispose de ses propres fonds, distincts de ceux de la Présidence de la République. Selon lui, «la Primature a ses propres fonds secrets qui n’ont rien à voir avec la Présidence. Abdoulaye Wade a pris le décret depuis 2004».

« Je n’ai jamais utilisé ces fonds pour mon propre compte »

Sur le principe même des fonds politiques, Ousmane Sonko dit ne pas être favorable à leur suppression, mais réclame leur encadrement. « Ce n’est pas halal », a-t-il lancé à propos de l’absence de contrôle. « L’absence de contrôle des fonds politiques n’est pas halal. On sait tous que certaines dépenses ne peuvent être rendues publiques. C’est pourquoi nous proposons une commission composée de personnes assermentées », dira-t-il. Il rappelle que cette proposition figurait déjà dans son programme politique. « Cela figure dans mon programme de 2019 et c’est ce même programme qu’on a utilisé pour Diomaye Président. Cette question dépasse nos personnes. Il s’agit d’être cohérent. C’est une promesse de Pastef », a-t-il expliqué. Ousmane Sonko est également revenu sur les montants affectés à la Primature sous sa gestion. Il a évoqué 2,090 milliards de francs CFA en 2025 et 1,870 milliard en 2026.

« Sur la rallonge évoquée, c’est pour régler certains problèmes. En 2025, j’avais instruit mon SG de demander une rallonge auprès du ministre des Finances. Les raisons sont simples : on avait des urgences »

Concernant la rallonge budgétaire, révélée par le ministre Abdourahmane Diouf, Ousmane Sonko a expliqué qu’elle répondait à des besoins identifiés au niveau de la Primature. « Sur le rallonge, c’est pour régler certains problèmes. En 2025, j’avais instruit mon SG de demander une rallonge auprès du ministre des Finances. Les raisons sont simples : on avait des urgences », a-t-il expliqué. Il précise : « La Primature est confrontée à un certain nombre de dépenses dont la prise en charge nécessite inscription dans la prochaine loi de finances rectificative ».

Il évoque 940,560 destinés à l’acquisition de véhicules pour la Primature ; 87 millions de francs CFA pour la couverture budgétaire du marché relatif à l’évaluation et à l’audit technique et financier du programme décennal de gestion des inondations ; 100 millions pour les activités du comité de commémoration du massacre de Thiaroye et 300 millions pour les travaux de remise aux normes du Building administratif

Parmi les dépenses citées figure l’acquisition de véhicules. Ousmane Sonko évoque une enveloppe de 940,560 millions de francs CFA destinée à l’acquisition de véhicules auprès de l’Office national de recouvrement des avoirs criminels. « À mon arrivée, je n’avais pas trouvé de véhicules à la Primature mais des épaves. C’est le ministère des Affaires étrangères qui avait mis à ma disposition un véhicule. Il nous arrivait de tomber en panne dans nos déplacements », a-t-il relaté. Il cite également 87 millions de francs CFA pour la couverture budgétaire du marché relatif à l’évaluation et à l’audit technique et financier du programme décennal de gestion des inondations, 100 millions pour les activités du comité de commémoration du massacre de Thiaroye et 300 millions pour les travaux de remise aux normes du Building administratif. Ousmane Sonko affirme par ailleurs : « Je n’ai jamais utilisé ces fonds pour mon propre compte, ou mon parti, ma famille ou mes amis ».

« Ce sont les raisons qui motivent la demande d’augmentation »

Le président de l’Assemblée nationale a aussi évoqué des mouvements financiers intervenus au niveau des fonds de la Primature. « Entre mars et avril, ils ont pompé plus de 3 milliards sur le compte des fonds de la Primature », a-t-il affirmé. Selon son récit, il a cherché à obtenir des explications sur cette opération. « On a demandé à l’ancien DG, qui nous a dit de poser la question à l’actuel ministre des Finances, Cheikh Diba. Je l’ai appelé, mais depuis, il ne m’a pas donné les explications », a-t-il rapporté. Ousmane Sonko a également livré une série de montants concernant les fonds de la Primature depuis 2012. Il cite 2,960 milliards de francs CFA en 2012, 1,930 milliard en 2013, 540 millions en 2014, 2,028 milliards en 2015, 2,772 milliards en 2016, 2,502 milliards en 2017, 2,190 milliards en 2018 et 2,060 milliards en 2019. Pour 2020, il avance un montant de 5,745 milliards de francs CFA. Les montants évoqués sont ensuite de 1,450 milliard en 2021, 1,225 milliard en 2022, 1,122 milliard en 2023 et 1,150 milliard en 2024. Pour 2026, le montant communiqué est de 1,870 milliard de francs CFA.

« Je ne demande pas la suppression de ces fonds, mais la transparence »

Ousmane Sonko estime que l’Assemblée nationale doit jouer pleinement son rôle dans le contrôle des mécanismes financiers de l’État. « L’Assemblée doit jouer son rôle », a-t-il déclaré, annonçant qu’une nouvelle proposition pourrait être examinée prochainement par le bureau de l’Assemblée nationale. « Une deuxième proposition, certainement d’ici les cinq prochaines réunions, le bureau de l’Assemblée nationale va l’examiner », a-t-il indiqué. L’objectif, selon lui, est d’instaurer davantage de traçabilité sans supprimer les fonds concernés. « Je ne demande pas la suppression, mais la transparence », a-t-il martelé.

Sonko revient sur son différend avec le président : « C’est quand j’avais fait un projet de loi sur les fonds spéciaux… »

Le président de l’Assemblée nationale a également établi un lien entre cette question et son différend avec le président de la République. Il affirme avoir travaillé sur un projet de loi portant sur les fonds spéciaux alors qu’il était Premier ministre. « J’avais fait un projet de loi sur les fonds spéciaux. J’avais dit au SG de préparer afin de le présenter en Conseil des ministres. C’était en mars. Le Président m’a appelé pour me demander les raisons. J’ai dit que c’est nous avions promis aux Sénégalais », a-t-il relaté. Selon lui, le président Bassirou Diomaye Faye était « visiblement en colère ». Ousmane Sonko poursuit : « Je ne vais pas entrer dans les détails. Je l’ai laissé tomber. Il en a parlé lors de son interview. Sinon je n’allais jamais en parler. C’est pourquoi j’en ai parlé à l’Assemblée nationale. Le même jour, j’ai été viré. »

Amadou DIA (Actusen.sn)

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