Adopté en Conseil des ministres, le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias (CNRM) marque un tournant décisif dans l’encadrement du paysage médiatique sénégalais, désormais élargi aux réseaux sociaux. Le ministre de la Communication, Alioune Sall, a salué une avancée historique, tout en réaffirmant l’attachement du gouvernement à la liberté d’expression.
Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la régulation de l’espace médiatique. Le Conseil des ministres a adopté le projet de loi instituant le Conseil national de régulation des médias (CNRM), un organe appelé à remplacer et moderniser les mécanismes existants, en tenant compte de l’irruption massive du numérique et des réseaux sociaux dans le débat public.
Dans un message de félicitations, le ministre de la Communication a tenu à saluer « l’ensemble des acteurs de l’écosystème » ayant contribué à cette réforme, tout en rendant un hommage appuyé à ses équipes techniques
À l’annonce de cette décision, le ministre de la Communication, Alioune Sall, n’a pas caché sa satisfaction. Dans un message de félicitations, il a tenu à saluer « l’ensemble des acteurs de l’écosystème » ayant contribué à cette réforme, tout en rendant un hommage appuyé à ses équipes techniques, notamment les juristes et la Direction de la communication, qui ont piloté les travaux ayant conduit à l’élaboration du texte.
« L’enjeu majeur reste de trouver un équilibre délicat entre une régulation efficace et la préservation de l’innovation technologique », soutient le ministre de la Communication
Pour Alioune Sall, cette loi répond à un défi central de notre époque : l’influence croissante des réseaux sociaux sur l’opinion publique et les processus démocratiques. « L’enjeu majeur reste de trouver un équilibre délicat entre une régulation efficace et la préservation de l’innovation technologique », a-t-il souligné.
Cette régulation, poursuit M. Sall, ne saurait en aucun cas remettre en cause la liberté d’expression : « C’est le pilier fondamental de toute démocratie »
Selon le ministre, l’extension de la régulation aux plateformes numériques vise avant tout à endiguer la prolifération de contenus illégaux ou nuisibles, notamment les discours de haine, la désinformation et le harcèlement en ligne, devenus monnaie courante dans l’espace numérique. La protection des données personnelles figure également au cœur de cette réforme, avec une attention particulière accordée aux mineurs, considérés comme les plus exposés aux abus numériques.
Toutefois, Alioune Sall a tenu à rassurer les professionnels des médias, les acteurs du numérique et l’opinion publique : cette régulation ne saurait en aucun cas remettre en cause la liberté d’expression. « Pilier fondamental de toute démocratie », celle-ci sera préservée, tout en étant encadrée pour éviter ses dérives, a-t-il insisté.
Avec le CNRM, les plateformes numériques seront désormais davantage responsabilisées, notamment en matière de modération des contenus et de transparence des algorithmes. Une orientation qui, selon le ministre, s’inscrit dans une dynamique internationale de régulation du numérique, tout en tenant compte des réalités et des valeurs démocratiques du Sénégal. En attendant son examen par l’Assemblée nationale, ce projet de loi suscite déjà de nombreux débats, signe de l’importance stratégique de la question médiatique et numérique dans le Sénégal d’aujourd’hui.
Actusen.sn
