Élu ce mardi à la tête de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a livré un discours aux accents institutionnels, mais aussi fortement politiques. Entre félicitations au nouveau Premier ministre Ahmadou Al Amine Lo, mise au point sur son absence des consultations ayant conduit à cette nomination, rappel de ses divergences avec le chef de l’État et promesse d’un Parlement de « contre-pouvoir », le nouveau président de l’Assemblée a posé les jalons de son magistère tout en adressant plusieurs messages au sommet de l’État.
Ousmane Sonko a profité de son installation au perchoir pour faire entendre sa voix sur la récente nomination du Premier ministre Ahmadou Al Amine Lo, révélant publiquement des désaccords de méthode avec le pouvoir exécutif. « Notre formation politique n’a pas été associée aux consultations qui ont conduit à la nomination d’un Premier ministre », a déclaré le nouveau président de l’Assemblée nationale, avant d’ajouter : « Un gouvernement se forme normalement avec la formation politique majoritaire dans un pays. Ça n’a pas été le cas. »
«Un gouvernement se forme normalement avec la formation politique majoritaire dans un pays. Ça n’a pas été le cas »
Une sortie qui sonne comme une critique à peine voilée de la démarche adoptée au sommet de l’État et qui met en lumière des lignes de fracture jusque-là peu exprimées publiquement.
Malgré cette réserve, Ousmane Sonko a tenu à adresser ses « vives félicitations au nouveau Premier ministre Ahmadou Al Amine Lo », tout en soulignant sa proximité avec le nouvel occupant de la Primature. « Je connais très bien Ahmadou Al Amine Lo », a-t-il affirmé, ajoutant : « Je peux témoigner que c’est un travailleur acharné, un homme compétent. »
« Je connais très bien Ahmadou Al Amine Lo. Je dois avouer que nous avions eu quelques divergences, par exemple sur la question de la dette »
Dans son adresse, Sonko a également eu un mot pour son prédécesseur à la tête de l’institution parlementaire. « Je félicite mon prédécesseur pour son bref mais brillant passage à la tête de cette Assemblée, qu’il a profondément transformée », a-t-il déclaré. Le nouveau président de l’Assemblée n’a cependant pas caché que des désaccords avaient existé. « Je dois avouer que nous avions eu quelques divergences, par exemple sur la question de la dette », a-t-il reconnu.
« Je veux rassurer que je n’utiliserai pas cette responsabilité pour organiser le chaos institutionnel »
Face aux interrogations sur le rôle qu’entend jouer la nouvelle majorité parlementaire, Ousmane Sonko a voulu envoyer un signal d’apaisement institutionnel. « Je veux rassurer que je n’utiliserai pas cette responsabilité pour organiser le chaos institutionnel », a-t-il assuré. Dans la même dynamique, il a écarté toute logique de règlement de comptes. « Je n’utiliserai pas, et aucun député avec moi, cette Assemblée pour nourrir des vendettas personnelles », a insisté le président de l’Assemblée nationale.
« Je n’utiliserai pas, et aucun député avec moi, cette Assemblée pour nourrir des vendettas personnelles »
Pour autant, il a promis un Parlement pleinement engagé dans sa mission de contrôle. « L’Assemblée usera de tous les leviers de contre-pouvoirs, tous les leviers de contre-pouvoirs constitués », a-t-il martelé. Avant de conclure sur les priorités qu’il entend défendre : « Elle défendra la transparence des finances publiques, la reddition des comptes et la souveraineté populaire. »
Amadou DIA (Actusen.sn)
