C’est un Farba Ngom combatif et visiblement affecté qui a choisi de répondre publiquement aux accusations qui pèsent sur lui. D’entrée, le député n’a pas mâché ses mots. S’adressant directement à la Garde des Sceaux. Yassine Fall, le mis en cause dira : « J’ai écouté la conférence de presse que vous avez organisée pour salir mon honorabilité. J’ai tout entendu. »
« Je jure devant Dieu et les hommes que l’argent du contribuable n’a jamais quitté le Trésor pour mon compte personnel ou de société »
Accusant la ministre de la Justice d’avoir orchestré cette sortie médiatique, il poursuit sur un ton personnel : « Vous êtes une épouse, une mère de famille. Si vous étiez un homme, j’allais en dire beaucoup sur vous. »
À la ministre de la justice : « Vous êtes une épouse, une mère de famille. Si vous étiez un homme, j’allais en dire beaucoup sur vous. »
Ainsi, Farba Ngom déplore avoir été, selon lui, jugé avant même le déclenchement régulier de la procédure parlementaire. « Ce qui me désole, c’est que vous m’avez déjà condamné avant même d’avoir demandé la levée de mon immunité parlementaire. »
« Ce qui me désole, c’est que vous m’avez déjà condamné avant même d’avoir demandé la levée de mon immunité parlementaire. »
Il en veut pour preuve, dit-il, l’attitude d’un membre de la commission ad hoc : « C’est pourquoi en commission ad hoc, un de vos membres, un spécialiste de droit de surcroît, s’est abstenu de voter la levée de mon immunité parlementaire. » Le député revient également sur ce qu’il considère comme des irrégularités procédurales. « Vous m’avez extrait du pavillon spécial le 08 et le 10. Le 12, c’est parce que mon médecin était là que je n’ai pas été conduit à la Section de recherches. » Plus grave encore, selon lui : « Vous m’avez même déféré chez le procureur qui m’a notifié une garde à vue sans la levée de mon immunité parlementaire. »
« Depuis votre régime, je ne cesse d’être ridiculisé »
Ce n’est pas tout. Farba Ngom réfute par ailleurs toute rumeur sur son état de santé : « Vous avez dit que je ne suis pas malade. Alhamdoulilah, Dieu merci. Il fallait dire que je ne suis pas mourant. Mais je rends grâce à Dieu. » Farba Ngom dénonce ce qu’il qualifie d’acharnement depuis l’avènement du régime en place.
« Vous avez même fouillé ma ferme à la recherche de l’argent que vous dites volé, mais toujours rien. »
Il affirme que ses biens ont été minutieusement inspectés : « Vous avez même fouillé ma ferme à la recherche de l’argent que vous dites volé, mais toujours rien. » Revenant sur un précédent dossier (l’affaire des 125 milliards), il ajoute : « Vous avez levé mon immunité parlementaire dans l’affaire des 125 milliards pour me laisser, dix mois après, sans aucune audition au fond. »
Et de conclure : « Maintenant que j’ai présenté des contestations sérieuses et même bénéficié d’une liberté provisoire, vous créez une affaire dans l’affaire. »
« Je suis blanc comme neige »
C’est en brandissant le Coran que le député a tenu à clore sa déclaration : « C’est le lieu de dire que je suis blanc comme neige. Je tiens entre mes mains le livre saint du Coran. Je jure devant Dieu et les hommes, en dehors de mon salaire de député et de maire, que l’argent du contribuable n’a jamais quitté le Trésor pour mon compte personnel ou de société. » Dans un ton plus apaisé, il affirme ne nourrir aucune rancune : « Je profite de cette occasion pour dire que je n’en veux à personne. Je pardonne même à mon pire ennemi. »
Amadou DIA (Actusen.sn)
