Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est contre la présence d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Dans un communiqué rendu public ce mercredi, la Conférence des leaders de la coalition d’opposition qualifie de « coup d’État parlementaire » la démarche ayant permis à l’ancien Premier ministre de retrouver un siège de député. Le FDR réclame ainsi l’annulation de cette décision et appelle à une mobilisation des forces vives pour défendre la Constitution et les lois de la République.
Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) ne désarme pas dans le dossier relatif au retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Dans une déclaration rendue publique hier, la coalition affirme se féliciter de la « réponse immédiate des forces vives de la nation » face à ce qu’elle considère comme une tentative de « coup d’État parlementaire » orchestrée par PASTEF.
La Conférence des Leaders du Front rappelle LO172 du Code électoral qui dit qu’ « un ministre élu député perd ce mandat dans les huit jours s’il ne démissionne pas du gouvernement »
Le FDR rappelle qu’une déclaration signée par 147 partis et mouvements politiques, en date du 24 mai 2026, avait déjà dénoncé cette initiative. Selon la coalition, de nombreux Sénégalais ont également adhéré à cette position dans le souci de préserver « la paix et la démocratie » dans le pays. La coalition salue par ailleurs la saisine du Conseil constitutionnel par les députés de l’opposition. Pour le FDR, il s’agit d’un combat « pour la démocratie et la stabilisation des institutions », dirigé non contre des individus, mais contre ceux qui chercheraient à « affaisser les ressorts de la nation ».
Dès lors, Modou Diagne Fada et ses camarades estiment qu’Ousmane Sonko ne peut légalement retrouver son siège de député
Au cœur de son argumentaire, le FDR invoque l’article LO172 du Code électoral. Selon cette disposition, soutient-il, « un ministre élu député perd ce mandat dans les huit jours s’il ne démissionne pas du gouvernement ». Dès lors, la coalition estime qu’Ousmane Sonko ne peut légalement retrouver son siège de député. Le Front accuse également PASTEF d’avoir tenté de contourner les textes en modifiant le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Or, fait-il valoir, l’article 54 de la Constitution prévoit qu’une loi organique est nécessaire pour organiser le retour d’un ministre ayant quitté l’Assemblée pour entrer dans le gouvernement. Une situation qui, selon le FDR, ne correspond pas au cas de l’ancien Premier ministre.
« Il faut le répéter : pour atteindre son objectif, PASTEF a foulé du pied à la fois la Constitution, le Code électoral et le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale»
Dans son communiqué, Modou Diagne Fada et Cie considèrent que la disposition introduite dans le règlement intérieur est contraire à la Constitution, au Code électoral et même au règlement de l’Assemblée nationale. Elle dénonce notamment une référence aux suppléants de députés qui, selon elle, ne correspond pas au dispositif actuellement prévu par la législation sénégalaise. « Il faut le répéter : pour atteindre son objectif, PASTEF a foulé du pied à la fois la Constitution, le Code électoral et le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale », martèle le FDR.
La coalition exige ainsi que « l’acte illégal » posé par l’Assemblée nationale soit rapporté et que l’ancien Premier ministre soit « sorti de l’Assemblée nationale ». Elle estime également que les déclarations d’Ousmane Sonko, associant la saisine du Conseil constitutionnel à une volonté du président de la République de le combattre, « ne trompent personne ». Réaffirmant son attachement au respect strict de la Constitution et des lois de la République, le FDR appelle les forces vives du pays à élaborer « un plan d’actions de combat » afin d’empêcher ce qu’il qualifie de « violation de nos lois » et de « profanation programmée de nos institutions ».
Actusen.sn
