Le cambriolage des locaux du Trésor public révélé, hier, par le quotidien L’Observateur a suscité une vive polémique. Dans un communiqué rendu public, le syndicat unique des travailleurs du trésor (Sutt) ne nie pas les faits de cambriolage, mais minimise. En effet, selon le Sutt qui rappelle que les faits se sont produits dimanche 2 mars, souligne qu’il s’agit tout simplement d’un incident mineur ayant occasionné le vol de quelques matériels sans grande valeur. Une enquête a été ouverte par les autorités compétentes.
« Le Sutt tient à rassurer les concitoyens sur la sécurité et la fiabilité de notre système informatique de gestion de la trésorerie qui n’a connu aucune perturbation », lit-on dans le communiqué. Concernant les données du Trésor, le syndicat informe qu’elles sont stockées dans des serveurs ultra sécurisés avec des technologies de pointes et des algorithmes puissants dans un lieu quasiment inaccessible.
D’ailleurs, un expert en informatique dira à effet que les données des finances publiques sont bien gardées dans les plateformes ASTER, GFILOC, SIGFIP, SIGTAS, GAÏNDÉ etc. dont certaines étaient censées remplacer par le SIGIF depuis 2019. «Si la DTAI fait bien son job, et que les procédures de DRP sont bien suivies dans les administrations financières, aucune transaction financière ne peut être perdue». L’informaticien de poursuivre : «les personnes capables de sortir les transactions voulues par les corps de contrôle et pool judiciaire sont légions dans ce pays. Le décès d’un cadre du trésor ou vol ne peut empêcher la bonne exécution des requêtes des enquêteurs. Ce qui se dit dans certains journaux n’aura aucune incidence sur les enquêtes en cours».
Ainsi, ajoute l’informaticien, même s’il arrivait à un serveur de prendre feu, il y a toujours des moyens de récupération des données selon le type de sauvegarde et les précautions prises en amont. « Donc, ça dépend des solutions de sécurité et de sauvegarde de la boîte ou de la politique des services de l’État. Surtout s’il y a eu plusieurs sauvegardes des données sur différents supports et/ou différents sites ». Par conséquent, dit-il, « ils peuvent voler des ordinateurs ou données sensibles, mais il y aura plus de peur que de mal. Et la nécessité de renforcer la sécurité ».
Ndèye Aminata Sagar DIAHAM (Actusen.sn)
