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Coups et blessures volontaires : pour l’usage des toilettes, une querelle de voisinage atterrit à la barre du tribunal 

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Une dispute autour de l’usage des toilettes communes a dégénéré en agression physique entre deux colocataires à Dakar. Harcèlement, insultes, morsures, une simple cohabitation s’est transformée en cauchemar pour Amy Niang. Le tribunal a tranché, ce lundi. Adam Senghor est reconnue coupable de coups et blessures volontaires avec une peine de trois mois de prison avec sursis

Ce soir-là, Amy Niang n’aspirait qu’à une chose, une nuit de sommeil paisible. Mais c’était compter sans l’explosion d’un conflit qui couvait depuis des mois. Le 9 mars dernier, vers 22h, elle rentre d’un dîner tranquille chez l’imam du quartier. Épuisée, elle se prépare à dormir. Réveil prévu à 4h, elle travaille tôt. Pourtant, la soirée va prendre un tour inattendu. À peine allongée, on frappe à sa porte. C’est Adam Senghor, 35 ans, femme de ménage. Elle semble hors d’elle. Sans préambule, elle accuse Amy d’avoir laissé ses besoins sur la chaise des toilettes sans tirer la chasse. Un reproche lancé sur un ton sec, brutal, presque humiliant. Amy, stupéfaite, assure ne pas avoir utilisé les toilettes communes ce jour-là. Plutôt que de répondre, elle choisit de refermer sa porte. Mais l’incident ne s’arrête pas là.

Adam revient à la charge. Elle tambourine à la porte, crie, insulte. Amy finit par rouvrir. Cette fois, l’échange vire à l’agression physique. Selon la plaignante, Adam la mord dans le dos, la griffe, l’injurie. Bilan médical : sept jours d’incapacité temporaire de travail. A la barre, Adam Senghor reconnaît qu’il y a bien eu altercation. Mais elle parle d’une bagarre mutuelle. «Je ne l’ai pas mordue, je l’ai griffée, oui. Mais elle aussi m’a blessée.» Pour elle, la dispute n’était qu’une question posée, et c’est la tension de la cohabitation qui a fait dégénérer la situation.

En réalité, ce face-à-face n’était que l’ultime épisode d’un conflit larvé. Amy dit subir du harcèlement depuis cinq mois de la part d’Adam et d’autres colocataires. Le courant, ou plutôt son partage, serait au cœur des tensions. Las de ces affrontements quotidiens, son mari, expatrié en Europe, lui aurait conseillé de garder ses distances. À tel point qu’elle en est venue à installer un seau dans sa chambre pour éviter d’avoir à utiliser les toilettes communes. «La coupe était pleine», souffle Amy. Et cette nuit-là, elle a débordé.

Le tribunal, après avoir entendu les deux parties, a tranché. Adam Senghor est reconnue coupable de coups et blessures volontaires. Peine : trois mois de prison avec sursis, et 40 000 francs CFA de dommages et intérêts à verser à la victime. À défaut, la contrainte par corps a été fixée au maximum.

Aïssatou TALL (Actusen.sn)

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