Dans un communiqué rendu public ce 15 février 2026 à Dakar, l’Amicale des Étudiants de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) hausse le ton. Elle rejette la suspension des amicales décidée par le Conseil académique, conteste la version du Procureur sur les circonstances du décès d’Abdoulaye Bâ et annonce le boycott de toute activité pédagogique jusqu’à nouvel ordre.
La tension ne retombe pas à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans un communiqué au ton ferme, publié hier, l’Amicale des étudiants, qui se présente comme « seule structure légalement chargée de la défense des étudiants » conformément au décret n°68-860 du 24 juillet 1968, rejette « catégoriquement » la décision du Conseil académique de suspendre les amicales.
L’Amicale des étudiants de la FMPO se dit « profondément choquée » par le communiqué du Procureur de la République qui évoque des « affrontements » dans la contextualisation des événements ayant conduit au décès de leur camarade Abdoulaye Bâ
Qualifiant la mesure d’« illégale, arbitraire et injustifiée », l’organisation estudiantine estime qu’elle porte atteinte à la liberté d’organisation des étudiants. Elle réaffirme, dans la foulée, sa « pleine légitimité » à représenter les étudiants et à défendre leurs intérêts matériels et moraux.
Selon les étudiants, les images qui circulent montrent plutôt « une attaque des FDS à l’endroit des étudiants »
Mais au-delà de la bataille juridique, c’est surtout la communication du parquet qui cristallise la colère. L’Amicale se dit « profondément choquée » par le communiqué du Procureur de la République qui évoque des « affrontements » dans la contextualisation des événements ayant conduit au décès de leur camarade Abdoulaye Bâ.
Selon les étudiants, les images qui circulent montreraient plutôt « une attaque des FDS à l’endroit des étudiants ». Ils contestent également l’affirmation du parquet selon laquelle « les éléments disponibles ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime ».
Une position jugée incompréhensible par l’Amicale, qui affirme que l’autopsie réalisée par des professionnels de santé assermentés a conclu à des polytraumatismes graves. « Une telle contradiction soulève de sérieuses interrogations », martèlent les signataires du communiqué, réclamant « vérité, justice et responsabilité ».
L’organisation annonce qu’« aucune activité pédagogique ne se tiendra » tant que des clarifications ne seront pas apportées sur le suivi de l’enquête
Dans le même sillage, l’Amicale rejette la décision du Conseil académique de poursuivre immédiatement les activités pédagogiques. Pour elle, une reprise des cours sans mesures d’apaisement ni garanties de sécurité serait « une tentative inacceptable de banaliser les événements » et d’« effacer du jour au lendemain la mémoire » de l’étudiant disparu. En conséquence, l’organisation annonce qu’« aucune activité pédagogique ne se tiendra » tant que des clarifications ne seront pas apportées sur le suivi de l’enquête. Elle exige également la libération « immédiate » des étudiants arrêtés, la prise en charge des victimes, le sursis des réformes en cours, le paiement intégral des arriérés de bourses ainsi que la réouverture du campus social. Dans un appel solennel, l’Amicale invite enfin le Président de la République à engager un dialogue direct avec les étudiants, dans l’espoir de désamorcer une crise universitaire qui, jour après jour, prend une tournure nationale.
Actusen.sn
