La bataille verbale à laquelle se livrent les autorités et les étudiants par presse interposée sur l’affaire Abdoulaye Ba, tué lors des affrontements, se poursuit. En effet, après la sortie du procureur de la république pour revenir sur les circonstances du décès de ce pensionnaire, le collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar n’a pas tardé à apporter la réplique à travers un communiqué. «L’approche communicationnelle du procureur révèle la volonté manifeste de l’État de se dégager de toute responsabilité dans cette mort aussi douloureuse qu’inacceptable. Les éléments de preuve avancés par le procureur, concernant la chute du quatrième étage de notre frère, soulèvent en réalité d’innombrables interrogations», mentionne le document.
«L’approche communicationnelle du procureur révèle la volonté manifeste de l’État de se dégager de toute responsabilité dans cette mort aussi douloureuse qu’inacceptable. Les éléments de preuve avancés par le procureur, concernant la chute du quatrième étage de notre frère, soulèvent en réalité d’innombrables interrogations»
«Comment la situation a-t-elle pu dégénérer à ce point, conduisant à l’issue fatale que l’on connaît ? Qui a donné l’ordre aux forces de défense et de sécurité (FDS) de pénétrer dans le campus social ? Monsieur le ministre de l’Intérieur a-t-il supervisé, depuis son bureau, les opérations des FDS le 9 février 2026 ? Pourquoi le ministre de l’Intérieur n’a-t-il pas donné l’ordre aux FDS de se retirer du campus, alors que les violences et les bavures policières s’intensifiaient tout au long de cette journée ? Qu’est-ce qui a provoqué l’incendie de la chambre 85F, poussant les étudiants de la chambre 83F à sauter du quatrième étage? Comment une personne peut-elle chuter du quatrième étage sans présenter de fractures ?» Telles sont les nombreuses questions soulevées par le collectif des amicales.
«Nous ne saurions accepter que les étudiants soient traités comme des boucs émissaires, dans le seul but de dédouaner l’État de sa responsabilité dans cette affaire d’une extrême gravité»
Selon le collectif des amicales, le peuple sénégalais, tout comme la communauté universitaire, attend des réponses claires à ces questions essentielles. «Nous ne saurions accepter que les étudiants soient traités comme des boucs émissaires, dans le seul but de dédouaner l’Etat de sa responsabilité dans cette affaire d’une extrême gravité. Nous exigeons la libération immédiate de nos frères étudiants injustement détenus, ainsi que de tous les étudiants poursuivis comme de vulnérables criminels. Nous saluons l’élan de solidarité et la montée en puissance de la mobilisation à l’échelle nationale. Par conséquent, le Collectif maintient le mot d’ordre de grève jusqu’au jeudi 19 février 2026. Le Collectif des Amicales réitère son engagement indéfectible envers les étudiants», lit-on.
Actusen.sn
