La faucheuse a, encore, frappé. Alors que le Sénégal n’a pas terminé de pleurer le khalife général des Layennes, Seydina Mouhamadou Makhtar Thiaw Laye, la population s’est réveillée, encore, avec une triste nouvelle. Il s’agit du décès du président du Conseil constitutionnel, Mamadou Badio Camara. Ancien président de la Cour suprême, le magistrat avait été nommé à la tête du conseil constitutionnel en septembre 2022 dirigé à l’époque par Pape Oumar Sakho. Mais c’est en 2021 qu’il a quitté la Cour suprême pour intégrer cette juridiction avant de devenir le président en moins d’une année.
Né en 1952, Mamadou Badio Camara est devenu magistrat à l’âge de 25 ans. Il a consacré 48 ans de sa vie au service de la justice. C’est en 1977 qu’il obtient son diplôme de fin de formation à l’École nationale d’administration et de magistrature (actuel Ena) en 1977. Son diplôme en poche, il rejoint le parquet de Dakar, où il devient le premier substitut du procureur. Un poste qu’il va occuper jusqu’en 1984 où il rejoint le tribunal de Kaolack. Il devient successivement le procureur de Kaolack puis de Ziguinchor entre 1984 et 1991. Revenu à Dakar, il devient substitut général à la Cour d’Appel de Dakar entre 1991 et 1993.
Dans la capitale, Mamadou Badio Camara a eu à intégrer plusieurs juridictions. D’abord, il est devenu procureur adjoint au tribunal régional hors classe de Dakar (de 1993 à 1998) avant de rejoindre la cour de cassation où il a occupé le poste de conseiller avant de devenir secrétaire général. C’est en 2008 qu’il quitte cette juridiction pour la Cour Suprême. En 2021, il intègre le Conseil constitutionnel comme membre avant d’en assurer la présidence à partir de 2022.
Il faut, cependant, dire que le parcours du magistrat ne se limitait pas aux juridictions seulement. Mamadou Badio Camara était retourné à l’Enam mais cette fois-ci pour dispenser des cours de « Pratique du parquet ». Il a aussi eu à former des jeunes juristes au centre de formation judiciaire. Mamadou Badio Camara était, aussi, un ancien expert des Nations-Unies, membre de la commission d’enquête sur la situation des prisonniers politiques au Burundi (Bujumbura, 1999-2000). Il a occupé, quelques années plus tard, le poste de vice-président du Comité des Nations-Unies contre les Disparitions forcées (Genève, 2011-2015).
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