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Le témoin Sette Diagne enfonce Boughaleb, le procureur requiert 5 contre ce dernier

Ils ont été au total 16 témoins à défiler devant la barre de la Chambre criminelle de Dakar, lors du procès du meurtrier de Bassirou Faye. L’étudiant mort par balle au cours des manifestations du 15 août 2014, au sein du Campus universitaire.

L’accusé Mouhamed Boughaleb, après avoir nié les faits, a tenté d’expliquer son innocence. Il a ainsi confié au juge que, le jour des faits, il a été blessé avant même que l’irréparable ne se produise, ce qui, dit-il, justifie son absence sur les lieux du crime.

Mais, au fil des discussions, il va changer de versions. Et le témoignage du voisin de chambre du défunt Bassirou Faye l’a plus envoyé au trou que sauvé.

Sette Diagne, pour le nommer, appelé à la barre, a désigné du doigt l’accusé comme celui qui a mis fin aux jours de son ami, ce fameux 15 août. «J’ai vu le meurtrier sortir son arme, s’adosser au poteau, avant de tirer. J’ai accouru jusqu’au service médical pour les aviser ; à ce moment, il n’était pas mort, c’est entre 15H et 15h 30 mn que l’affaire s’est produite», a déclaré le témoin.

Qui se souvient de ce jour comme si c’était hier, allant même jusqu’à décrire le meurtrier de son ami. «Teint clair, de forte corpulence, mesurant 1m80 ou 1m90, il portait un casque  qu’il avait relevé et était accompagné par cinq autres éléments de la police » ,s’est-il souvenu, insistant sur le fait qu’il a reconnu Boughaleb sur les 68 policiers qui étaient sur place.

La partie civile réclame 100 millions en guise de dommages et intérêts

Les avocats de la partie civile, s’appuyant surtout sur le témoignage de Sette Diagne, ont demandé que l’accusé soit maintenu en détention.

Mes Assane Dioma Ndiaye et Adama Fall se sont aussi insurgés contre l’attitude des autorités, qui ont tenté de détourner tout le monde de la vérité, en adoptant le système appliqué et qui a réussi dans le meurtre de l’étudiant Balla Gaye.

Selon Me Adama Fall, ce n’est pas un hasard que, dès le début de l’affaire, le Procureur oriente le dossier vers Tombong Oualy. Car, cela mènerait, comme dans l’affaire Balla Gaye, à un non-lieu.

Me Ndiaye d’ajouter que le témoignage de Sette Diagne en dit long sur le déroulement des faits. Ils ont ainsi demandé, au nom de la famille de Feu Bassirou Faye, 50 millions en guise dommages et intérêts et la même somme pour la communauté universitaire 50 millions qui, disent-ils, a aussi subi un préjudice.

Le procureur requiert 5 ans  de travaux forcés

Après avoir noté des contradictions dans les déclarations de l’accusé, le procureur a bien requis une peine d’emprisonnement à l’endroit du policier.

Selon lui, ces déclarations ne correspondent pas à la vérité, indiquant ainsi la mauvaise foi de l’accusé. «Dans pareilles situations, c’est la peine à perpétuité qui s’applique», a commenté le maître des poursuites.

Cependant, a-t-il ajouté, il est normal de faire bénéficier à l’accusé des circonstances atténuantes, en soulignant que celui-ci a été blessé par son orgueil, dans sa volonté de résoudre cette situation que leur ont fait vivre les étudiants. Ainsi, il a requis la peine de 5 ans de travaux forcés.

La défense parle d’”agneau du sacrifice”

Pour la défense, «on veut faire de Boughaleb l’agneau du sacrifice». Me Moussa Bocat Thiam a, séance tenante, plaidé l’acquittement de son client. Au motif que, dit-il, aucune preuve n’ait été apportée pour le retenir dans les liens de la prévention.
Surtout que Me Thiam a balayé d’un revers de main le témoignage de Sette Diagne. Avant de déclarer : «le véritable meurtrier serait Tombon Wally à qui son pistolet manquait de balle et qui était sur les zones, sans être convoqués. L’accusé n’a rien à se reprocher, aucune justification n’a été rapportée. En matière de meurtre, il doit y avoir de preuves scientifiques».

Enfin, a souligné Me Thiam, «ce sera très mal que Boughaleb paye un crime qu’il n’a pas commis». Le verdit va tomber d’une minute à l’autre.

Ndèye Awa BEYE (Actusen.com)

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