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“Le temps de la justice n’est pas le temps de la politique, mais ça doit être le temps du peuple au nom duquel cette justice est rendue” : l’ex juge Dème corrige Diomaye

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“Il appartient aux Sénégalais de mettre la pression sur la justice, pour qu’elle fasse son travail. Le temps de la justice n’est pas le temps de la politique, mais ça doit être le temps du peuple au nom duquel cette justice est rendue”. Ainsi parlait le Président Bassirou Diomaye Faye, lors de son dernier face à face avec certains médias locaux, vendredi dernier, alors qu’il répondait sur les lenteurs judiciaires décriées par une partie de la population. Cette sortie du chef de l’État survient alors que le pouvoir judiciaire est accusé à tort ou à raison d’entretenir le dilatoire suite au rapport de la Cour des comptes, publié depuis le 12 février dernier, dans un contexte de reddition des comptes, et mettant à nu un certain nombre d’écarts dans nos finances publiques, entre 2019 et 31 mars 2024.

En clair, même si Bassirou Diomaye Faye a affirmé que la reddition des comptes n’épargnera personne, notamment ceux qui ont eu à exercer des responsabilités dans la gestion du pays, il n’en demeure pas moins que rien ne bouge, constatent notamment certains parlementaires issus du parti Pastef, depuis que le Ministre de la Justice, Ousmane Diagne, avait annoncé des poursuites dans la foulée de la publication du rapport.

Toutefois, si les magistrats rendent la justice au nom du peuple, Ibrahima Hamidou Dème, qui a jeté son grain de sel dans le débat hier, rappelle pour autant qu’“il ne s’agit pas ici d’un peuple étriqué, réduit à une faction politique, à des intérêts partisans ou à une logique sectaire.” Pour le juge démissionnaire, “le peuple, dans son acception républicaine, englobe l’ensemble des citoyens sénégalais, dans leur pluralité, leur diversité et leur indivisibilité.” Pour que nul n’en ignore, il soutient dans la même veine que “c’est ce peuple, dans sa totalité, qui est titulaire de la souveraineté.”

Ainsi, les nouvelles autorités devraient faire la part des choses, à en croire l’ancien magistrat. Car, selon lui, “toute pression politique exercée, dans ce contexte, sur les magistrats par l’exécutif et par des parlementaires qui se réclament de ce peuple constitue une atteinte grave et injustifiable à l’indépendance du pouvoir judiciaire.” Se voulant plus explicite, il ajoute : “elle (la pression) porte aussi atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, socle de toute démocratie digne de ce nom. Or, à travers des cadres de concertation tels que les Assises Nationales, le peuple sénégalais a exprimé de manière claire son aspiration à une justice indépendante, impartiale et libérée de toute influence, d’où qu’elle puisse venir. Il a appelé à une réforme de la justice pour en faire un véritable pilier de la démocratie et de l’État de droit, au service de la vérité, des libertés fondamentales et de l’intérêt général.” Et de conclure en ces termes : “C’est pourquoi l’urgence réside dans la réforme effective de la justice, dont nos gouvernants ne montrent pour le moment aucun empressement.”

Amadou DIA (Actusen.sn)

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