Le Front pour la Défense de la République (FDR) hausse le ton. Face à ce qu’il décrit comme une «dérive destructrice» du régime PASTEF, cette partie de l’opposition annonce une nouvelle phase de mobilisation nationale, dès la semaine prochaine. Le FDR évoque un pays «en chute libre», miné par des tensions au sommet de l’État, des difficultés économiques et une gouvernance jugée défaillante.
Le Front pour la Défense de la République (FDR) n’entend plus rester spectateur. Dans un communiqué rendu public, ce jeudi 11 décembre, la Conférence des leaders dudit Front a annoncé le déploiement d’un plan d’actions musclé dans toutes les régions du pays. Objectif : organiser une mobilisation populaire «urgente» pour contrer les choix qu’il juge «destructeurs» du régime PASTEF.
L’annonce du déploiement d’un plan d’actions musclé dans toutes les régions du pays. Objectif : organiser une mobilisation populaire «urgente» pour contrer les choix qu’il juge «destructeurs» du régime PASTEF.
Pour le FDR, la situation a atteint un niveau critique. Il estime qu’aucune alternative ne subsiste pour empêcher que «la crise au sommet de l’État ne dégénère», avec à la clé des conséquences «irréparables» pour le pays.
Un ‘’duel au sommet qui inquiète’’
Selon le FDR, la crise institutionnelle prend des allures de feuilleton inquiétant. Deux camps seraient désormais retranchés à la Présidence et à la Primature, se livrant à une «confrontation stérile», au détriment de la stabilité nationale. Cette frange de l’opposition évoque même «une tragi-comédie» révélatrice de «l’échec précoce d’un régime populiste, sans vision ni ambition.»
Une crise politique qui, selon l’opposition, menace de faire basculer le Sénégal dans «une pente périlleuse»
Dans son diagnostic, le FDR dresse un tableau sombre de l’économie nationale. Il pointe le non-versement des bourses étudiantes ; les arriérés des entreprises du BTP, laissées sans paiement ; le train de vie ostentatoire des dignitaires du pouvoir, entre jets privés et voitures de luxe ; l’aveu d’un ministre qui aurait détourné des fonds sociaux, un épisode que le FDR qualifie de scandale resté «impuni» ; la hausse persistante des importations de céréales, contraire à l’objectif de souveraineté alimentaire.
À cela, s’ajoutent des indicateurs qui inquiètent l’opposition : en deux ans, les importations céréalières ont atteint des niveaux «record», tandis que l’État serait incapable de payer ses dettes aux opérateurs privés stockeurs (OPS), paralysant la campagne arachidière.
Tensions sociales, frustrations et colère croissante
Le FDR souligne une situation sociale explosive. Les étudiants, en grève depuis plusieurs semaines, réclament leur dû. La répression policière et les propos jugés provocateurs du Premier ministre n’auraient fait qu’aggraver la tension. De nouveaux mouvements sont annoncés dans l’éducation, la santé et l’administration, signe d’un malaise profond que le Gouvernement peine à canaliser.
Des prix de l’énergie jugés «injustifiables»
Autre point de discorde : la baisse annoncée des prix de l’énergie. Pour le FDR, il ne s’agit que d’une «opération de communication sans impact réel.» Le mouvement rappelle que le baril de pétrole est stabilisé entre 60 et 65 dollars depuis 2024, loin des sommets de 120 dollars enregistrés, en période de crise.
Dès lors, le FDR interroge : Comment justifier en 2025 des prix aussi élevés au Sénégal, alors que le super est à 820 F en Côte d’Ivoire contre 920 F annoncés à Dakar ? Pour le FDR, il ne fait plus de doute : le pays fonce tout droit vers une dégradation majeure. Le mouvement parle d’une «catastrophe que tous voient venir», si rien n’est fait. Dans ce contexte, il lance un appel solennel à toute l’opposition, ainsi qu’aux forces vives de la Nation pour construire une synergie d’actions et « mettre un terme, au plus vite, au régime PASTEF.»
