Le ministère de l’Énergie et du Pétrole apporte des précisions sur le protocole d’accord récemment signé entre l’État du Sénégal et la société Eni. Dans un communiqué, il dément les informations faisant état d’un prétendu « bradage » de l’actif gazier Yaakaar-Teranga et précise que l’accord porte exclusivement sur l’évaluation du potentiel pétrolier et gazier de cinq blocs offshore, aucun d’eux ne correspondant au périmètre de Yaakaar-Teranga.
Le ministère de l’Énergie et du Pétrole a réagi aux « publications diffusées sur les réseaux sociaux laissant entendre que le champ gazier Yaakaar-Teranga serait concerné par le Protocole d’Accord récemment signé entre l’État du Sénégal et la société Eni, et évoquant à ce titre un prétendu “bradage” de cet actif stratégique ». Dans son communiqué intitulé « Mise au point à propos des informations erronées relatives au protocole d’accord conclu entre le Sénégal et Eni », le ministère indique, « de la manière la plus formelle », que « ces affirmations sont totalement inexactes et ne reposent sur aucune réalité technique ou juridique ».
Abdourahmane Diouf dément les informations faisant état d’un prétendu « bradage » de l’actif gazier Yaakaar-Teranga et précise que l’accord porte exclusivement sur l’évaluation du potentiel pétrolier et gazier de cinq blocs offshore, aucun d’eux ne correspondant au périmètre de Yaakaar-Teranga
Selon le document, le protocole d’accord signé avec Eni « porte exclusivement sur l’évaluation du potentiel pétrolier et gazier de cinq blocs offshore ». Il s’agit de : SN01M – Saint-Louis Offshore Shallow (SLOS) ; SN02M – Cayar Offshore Shallow (COS) ; SN03M – Rufisque Offshore (RO) ; SN07M – Saint-Louis Offshore Profond (SLOP2) ; SN40M – Sénégal Offshore Sud Profond (SOSΡ). Le ministère précise qu’« aucun de ces blocs ne correspond au périmètre abritant les découvertes de Yaakaar et Teranga ».
«Le périmètre concerné par les découvertes de Yaakaar et Teranga est identifié sous la référence SN08M »
Dans le nouveau découpage du domaine pétrolier national, « le périmètre concerné par les découvertes de Yaakaar et Teranga est identifié sous la référence SN08M ». Or, souligne le ministère, « ce bloc ne figure nullement parmi les cinq blocs visés par le Protocole conclu avec Eni ». Le département ministériel revient également sur la carte utilisée dans certaines publications. Celle-ci serait, selon lui, « une version de travail obsolète ne reflétant pas la configuration définitive du domaine pétrolier » et serait « factuellement erronée et de nature à induire l’opinion publique en erreur ». Autre précision apportée par le ministère : « le document signé avec Eni n’est pas un contrat pétrolier et ne constitue l’attribution d’aucun bloc à cette société ».
Eni doit réaliser des études préliminaires à ses propres frais
Le communiqué précise qu’il s’agit d’« un Protocole d’Accord permettant à Eni de réaliser, à ses propres frais, des études préliminaires, géologiques et géophysiques sur les cinq zones précitées ». Le ministère ajoute que ce protocole « ne confère à Eni aucun titre d’exploration ou d’exploitation, aucun droit sur les ressources concernées et aucun droit automatique à la conclusion ultérieure d’un contrat pétrolier ».
Toute éventuelle étape future, précise-t-il, « demeurera soumise aux procédures, négociations et approbations prévues par la législation et la réglementation sénégalaises ». Dès lors, le ministère estime que parler d’un prétendu « bradage de Yaakaar-Teranga » relève d’une « double contrevérité » : « Yaakaar-Teranga n’est pas concerné par l’accord et l’accord lui-même ne procède à aucune attribution de droits pétroliers ».
Le ministère « appelle par conséquent chacun à la responsabilité et met en garde contre la diffusion ou la reprise d’informations manifestement inexactes susceptibles d’entretenir la confusion et de désinformer l’opinion publique sur la gestion des ressources pétrolières et gazières nationales ».
Dans la même veine, le ministère de l’Énergie et du Pétrole indique qu’il poursuivra, « avec PETROSEN et l’ensemble des institutions compétentes », sa politique de promotion du bassin sédimentaire sénégalais, de relance de l’exploration et de valorisation responsable des ressources nationales, « dans le strict respect des intérêts stratégiques du Sénégal et des procédures prévues par la loi ».
Actusen.sn
