La Section de recherches de Kaolack a mis fin à un vaste trafic d’armes artisanales opérant dans les marchés hebdomadaires du centre du pays. Un homme âgé de 77 ans, identifié comme un revendeur notoire, a été interpellé en possession de plusieurs pistolets et munitions. Il a été déféré hier devant le Procureur de la République, en même temps que son présumé client.
Dans le cadre de la lutte contre la prolifération des armes à feu et la criminalité liée aux stupéfiants, la Section de recherches de Kaolack a frappé un grand coup. L’opération menée dans le village de Ngathie Naoudé, puis étendue aux marchés hebdomadaires de la zone, a permis de démanteler un réseau de vente illégale d’armes artisanales qui alimentait, selon les enquêteurs, plusieurs attaques à main armée enregistrées ces dernières années dans les régions de Kaolack, Fatick et Kaffrine.
La Section de recherches de Kaolack a mis fin à un vaste trafic d’armes artisanales opérant dans les marchés hebdomadaires du centre du pays où un vieux de 77 ans, identifié comme un revendeur notoire, a été interpellé en possession de plusieurs pistolets artisanaux et autres munitions
Au cœur de ce trafic, un certain Nogaye Niang, né en 1948 et domicilié à Touba. Malgré son âge avancé, le septuagénaire sillonnait les « louma », notamment celui de Birkelane, muni d’un simple cartable dans lequel il dissimulait des pistolets de fabrication artisanale et des munitions. Son objectif : écouler ces armes auprès de certains éleveurs, principalement des peuls, qui prétendaient s’en servir pour la protection de leurs troupeaux. Une version battue en brèche par les enquêteurs, qui estiment que ces armes sont plutôt utilisées pour des braquages de stations-service, d’usines et d’hôtels.
Selon les premiers éléments de l’enquête, ledit trafic n’est pas étranger aux attaques à main armée enregistrées ces dernières années dans les régions de Kaolack, Fatick et Kaffrine, d’autant que les investigations révèlent que les types d’armes ont servi lors de l’attaque perpétrée contre l’hôtel « Le Jardin » de Kaone, le 29 décembre dernier
Ce n’est pas tout. Les investigations révèlent d’ailleurs que ce type d’armes aurait servi lors de l’attaque perpétrée contre l’hôtel « Le Jardin » de Kaone, le 29 décembre dernier, où les assaillants avaient réussi à emporter téléphones portables et sommes d’argent, après avoir tenu en respect les personnes présentes. L’affaire a connu une accélération décisive après l’interpellation d’Abdou Mbaye, trouvé en possession de chanvre indien. La perquisition de son domicile a permis de découvrir deux armes artisanales détenues sans autorisation. Interrogé sur leur provenance, il a formellement désigné Nogaye Niang comme son fournisseur, affirmant avoir effectué la transaction au marché hebdomadaire de Birkelane, au prix de 12 000 francs CFA l’unité.
Interpellé au marché hebdomadaire de Birkelane avant-hier, le vieil homme est trouvé en possession des armes en cause ainsi que quatre-vingt-quinze cartouches, dont quarante de calibre 12, dix-neuf de calibre 8 et deux munitions de calibre 9
Le 25 janvier 2026, les enquêteurs se rendent audit marché en compagnie d’Abdou Mbaye. Sans hésitation, ce dernier identifie Nogaye Niang. Fouillé, le vieil homme est trouvé en possession de trois pistolets artisanaux, de quatre-vingt-quinze cartouches, dont quarante cartouches de calibre 12, dix-neuf de calibre 8 et deux munitions de calibre 9. Au total, cinq armes et plus de soixante cartouches ont été saisies au cours de la procédure.
Un de ses clients, également arrêté dans le cadre de cette enquête, a également été déféré hier
Interrogé, Nogaye Niang reconnaît être revendeur d’armes, déclarant s’approvisionner sur le marché noir de Touba, sans toutefois révéler l’identité de ses fournisseurs. Il nie cependant connaître Abdou Mbaye, malgré la similitude entre les armes retrouvées chez ce dernier et celles saisies sur lui.
Au terme de l’enquête, les éléments recueillis ont été jugés graves et concordants. Les deux mis en cause sont poursuivis pour vente illégale, détention d’armes artisanales et de munitions de troisième catégorie sans autorisation administrative, faits prévus et réprimés par la loi n°66-03 du 18 janvier 1966 relative au régime général des armes et munitions. Les armes et cartouches ont été placées sous scellés et déposées au greffe du Tribunal de grande instance de Kaolack. Les deux suspects ont été déférés ce lundi devant le Procureur de la République, mettant ainsi un coup d’arrêt à un trafic qui semait la peur dans plusieurs localités du centre du pays.
Amadou DIA (Actusen.sn)
