La Brigade de Recherches (BR) de Keur Massar a procédé, les 26 et 27 novembre 2025, à la garde à vue de trois individus et non des moindres. Il s’agit de Abdoul Aziz Diane, maire de Jaakhay-Parcelles, Idrissa Seydy, secrétaire municipal et Ndeye Sène, commerçante domiciliée dans la même commune.
Le maire de Jaakhay-Parcelles et son bras droit au cœur d’un trafic présumé de migrants
Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, ils sont cités dans un système présumé d’émigration clandestine structurée impliquant également un ancien élu établi en Europe. L’affaire a éclaté après une information faisant état d’un trafic orchestré depuis la mairie elle-même.
En complicité avec un ancien élu local établi en Europe et une commerçante, ils seraient impliqués dans un réseau structuré, avec des rôles bien définis
Les recoupements menés par la BR laissent apparaître l’existence d’une organisation opérant contre des sommes d’argent conséquentes. La première arrestation a concerné Ndeye Sène, interpellée le 26 novembre vers 10h. Selon sa propre déposition, elle aurait versé 3 500 000 F CFA entre les mains du secrétaire municipal Idrissa Seydy pour obtenir des documents lui attribuant le statut de conseillère municipale et même de vice-présidente de la Commission environnement. Ces documents auraient été émis avec l’entente préalable du maire, d’après les conclusions provisoires de l’enquête.
Faux titre, faux ordre de mission et voyage fictif vers Bruxelles
Munie de ce statut fabriqué, la jeune femme aurait ensuite reçu un ordre de mission censé l’envoyer à un « forum environnemental » à Bruxelles, un événement inexistant selon les enquêteurs. En plus de cela, elle a bénéficié d’une attestation de prise en charge par la mairie. Les deux documents portent la signature du maire Abdoul Aziz Diane, et auraient été préparés par Idrissa Seydy. C’est grâce à cet habillage administratif que Ndeye Sène espérait obtenir un visa Schengen, dans ce que les enquêteurs qualifient de tentative de migration facilitée par des faux.
Les explications contradictoires des mis en cause
Confronté en premier aux faits, le maire Diane a déclaré avoir signé les documents « par inadvertance ». De son côté, le secrétaire municipal Seydy charge lourdement son supérieur hiérarchique, affirmant avoir agi sur instruction stricte du maire, allant même jusqu’à demander une confrontation. Quant à Ndeye Sène, elle a reconnu avoir versé de l’argent pour l’obtention des documents en vue de son départ pour la Belgique.
Le maire perdu par les déclarations de son secrétaire municipal qui dit avoir agi sur ses instructions allant même jusqu’à demander une confrontation
C’est ainsi qu’ils ont été gardés à vue. L’affaire est instruite sous le PV n°696 du 26 novembre 2025, et les investigations se poursuivent pour démêler les responsabilités au sein de la municipalité. Un dossier dont les développements risquent de créer un véritable séisme politique dans la commune.
Amadou DIA (Actusen.sn)
