À l’occasion de la visite du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, prévue du 05 au 09 février, les acteurs économiques locaux saisissent l’opportunité pour exposer les réalités du terrain. Opérateur économique et producteur de banane, Mouhamed Mangane dresse un état des lieux sans complaisance de la filière bananière et appelle l’État à des mesures urgentes pour booster la production et assurer l’autosuffisance nationale.
Dans les régions orientales du Sénégal, la culture de la banane recèle un potentiel économique important, encore freiné par de nombreuses contraintes structurelles. Interrogé par Source A, Mouhamed Mangane, opérateur économique et producteur de banane, estime que le développement de cette filière stratégique passe nécessairement par un accompagnement accru de l’État.
Selon lui, la principale difficulté demeure l’accès à la terre. « La culture de la banane se fait généralement à proximité des fleuves. Or, ces zones sont en grande partie occupées par les parcs nationaux et les services des Eaux et Forêts », explique-t-il. Face à cette situation, il invite les pouvoirs publics à octroyer des terres agricoles aux producteurs afin de garantir une production suffisante et de qualité.
Producteur de banane à Tamba, Mouhamed Mangane est sans ambages : « Sans financements accessibles, il est difficile d’investir durablement dans la production»
Outre le foncier, la question du financement reste centrale. Mouhamed Mangane plaide pour la mise en place de lignes de crédit adaptées au niveau des banques, estimées à près de 15 milliards de francs CFA, avec des taux d’intérêt souples. « Sans financements accessibles, il est difficile d’investir durablement dans la production », soutient-il.
Il plaide en ces termes : « Il faut impérativement refaire les routes pour faciliter le travail des producteurs »
L’amélioration des infrastructures constitue également un enjeu majeur. Les pistes de production, souvent dégradées, rendent l’accès aux champs difficile, d’autant plus que ces derniers sont éloignés des zones d’habitation de la main-d’œuvre. « Il faut impérativement refaire les routes pour faciliter le travail des producteurs », insiste-t-il.
« Nous produisons une banane de qualité, mais sans une chaîne de valeur bien structurée, cette qualité risque d’être compromise », avertit-il
À cela s’ajoute le manque d’infrastructures de conservation et de transport. Le producteur souligne l’urgence de disposer de chambres froides, aussi bien au niveau des champs que dans les différentes régions, ainsi que de véhicules frigorifiques pour assurer l’acheminement et l’écoulement des bananes. « Nous produisons une banane de qualité, mais sans une chaîne de valeur bien structurée, cette qualité risque d’être compromise », avertit-il.
« D’ici deux à trois ans, l’autosuffisance pourra être atteinte, à condition que toutes les mesures nécessaires soient mises en œuvre », promet-il
Malgré ces contraintes, Mouhamed Mangane se montre optimiste. Il estime que l’autosuffisance en banane est à portée de main. « D’ici deux à trois ans, l’autosuffisance pourra être atteinte, à condition que toutes les mesures nécessaires soient mises en œuvre », promet-il. Cette sortie intervient dans un contexte où la visite présidentielle est perçue comme une occasion privilégiée pour porter les préoccupations des producteurs et renforcer les politiques publiques en faveur du développement économique des régions de Tambacounda et de Kédougou.
Actusen.sn
