Face à la polémique autour des produits Softcare, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, a tenu à apporter des clarifications. Selon lui, les analyses menées dans le cadre de l’enquête indépendante n’ont révélé aucune présence de substances dangereuses pour la santé dans les matières premières utilisées par l’entreprise. « Les matières premières ne contiennent pas de substance dangereuse pour la santé. Le risque sanitaire n’a pas été identifié par des arguments tangibles », a déclaré le ministre devant la presse.
« Les matières premières ne contiennent pas de substance dangereuse pour la santé. Le risque sanitaire n’a pas été identifié par des arguments tangibles », dira Dr Ibrahima Sy
Toutefois, l’autorité sanitaire reconnaît l’existence de manquements dans le système de gestion de la qualité de l’entreprise. Des matières périmées ont été retrouvées dans la zone de production de l’usine, ce qui constitue une entorse aux bonnes pratiques de stockage. Mais, précise le ministre, rien ne permet d’affirmer que ces matières ont été utilisées dans le processus de fabrication.
« Même si des matières périmées ont été retrouvées dans la zone de production de l’usine […] rien ne permet d’affirmer que ces matières ont été utilisées dans le processus de fabrication »
Dans la foulée, le ministre a également relevé des incohérences dans les éléments présentés comme preuve d’utilisation de ces matières. La fiche de stocks citée dans le dossier mentionne une utilisation de la matière première incriminée jusqu’en septembre 2025, alors que les registres indiquent que la dernière sortie de stock remonte à septembre 2024.
Il parle d’erreur dans la prise de décision par l’ARP : « Cette distinction n’a pas été respectée dans la prise de décision initiale »
« Les produits incriminés sur la fiche de stocks datent donc de septembre 2024 », a expliqué le ministre, estimant que ces éléments confirment qu’ils n’ont plus été commercialisés au moins depuis le 31 décembre 2024, ce qui aurait conduit à l’arrêt de leur fabrication.
Autre point soulevé par le rapport : l’écart constaté entre les quantités de matières premières que l’entreprise dit avoir détruites et celles relevées lors de l’inspection. Softcare affirme avoir détruit 2 200 kilogrammes de matières, tandis que les inspecteurs n’en ont recensé que 1 300 kilogrammes.
Sur le plan réglementaire, le ministre a également estimé que la décision initiale prise contre la marque reposait sur une confusion entre la présence de matières périmées et la preuve de leur utilisation effective dans la production.
« Cette distinction n’a pas été respectée dans la prise de décision initiale », a-t-il souligné. Il a par ailleurs pointé une faiblesse juridique, évoquant l’absence de décret d’application encadrant spécifiquement les modalités d’inspection pour cette catégorie de produits.
Pour rappel, au début du mois de décembre, l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique avait alerté les professionnels de santé sur la présence de matières premières périmées dans le circuit de fabrication de certains produits destinés aux bébés, aux enfants et aux femmes. L’agence avait alors demandé le retrait des produits Softcare du marché avant de revenir sur sa décision une semaine plus tard.
Face à l’ampleur de la polémique, une mission conjointe réunissant des experts des ministères de la Santé et du Commerce ainsi qu’un représentant de l’Assemblée nationale avait été mise en place pour mener une enquête approfondie. Très médiatisée depuis décembre, l’affaire Softcare aura suscité de nombreuses interrogations dans l’opinion, avant les conclusions rendues publiques par les autorités sanitaires.
Actusen.sn
