Connu sur Facebook sous le pseudonyme de « Chérif Ba », Souleymane Sow, 43 ans, est tombé dans les mailles de la police après l’évanouissement d’une jeune femme à la réception d’un hôtel Bideew Bi de Thiès. Derrière cette affaire présumée de viol, les enquêteurs ont découvert un homme aux multiples identités, soupçonné d’avoir manipulé plusieurs femmes sénégalaises à travers de fausses fonctions et des promesses de mariage.
Le 1er mai 2026, vers 19h30, la Sûreté urbaine du Commissariat central de Thiès est alertée par un responsable de l’hôtel Bidew Bi. Au bout du fil, celui-ci signale qu’une jeune femme vient de perdre connaissance à la réception de l’établissement après avoir fui une chambre occupée par un client. Dépêchés sur place, les policiers apprennent que la victime a déjà été évacuée par les sapeurs-pompiers. Mais les premiers témoignages recueillis évoquent une scène troublante. Car la jeune dame aurait affirmé avoir été kidnappée par un homme logé dans la chambre n°8.
Sur fond de promesses de mariage, il attire ses proie dans son lit
À l’hôpital, les enquêteurs identifient la victime comme étant K. Ba, 20 ans, domiciliée à Yenne. Elle était accompagnée de son bébé âgé de seulement deux mois. Face aux policiers, la jeune femme raconte avoir fait connaissance avec un certain « Chérif Ba » sur Facebook au début du mois d’avril. Après plusieurs échanges téléphoniques, une relation amoureuse à distance serait née entre eux. Selon ses déclarations, l’homme lui aurait demandé des vidéos intimes qu’elle lui aurait envoyées.
Sa dernière victime, K. Ba, 20 ans, avait quitté Yenne le 1 mai dernier avec son bébé de 2 mois, espérant aller à la rencontre de son âme sœur, avant de tomber sur son bureau qui l’a violée dans la chambre d’hôtel
Le 1er mai, les deux décident finalement de se rencontrer à Thiès. L’homme lui transfère 2.000 FCFA via Wave pour le transport depuis Yenne. Mais à son arrivée, K. Ba découvre qu’elle est conduite dans un hôtel. Après lui avoir acheté à manger, le mis en cause aurait tenté d’obtenir un rapport sexuel. La jeune femme soutient avoir clairement refusé. Malgré cela, elle affirme que l’homme lui aurait retiré ses vêtements avant de passer à l’acte. Profitant d’un moment d’inattention de son compagnon présumé, parti au balcon, elle parvient à appeler sa sœur domiciliée à Thiès pour l’alerter. Cette dernière débarque à l’hôtel avec son mari. À l’ouverture de la porte, K. Ba prend son bébé et s’enfuit vers la réception où elle finit par perdre connaissance.
Auparavant, Souleymane Sow avait commis un autre crime en se présentant dans un bar sous le nom du procureur A. A. Sow du Tribunal de Thiès afin de consommer de l’alcool… sans payer
Interpellé, Souleymane Sow reconnaît les circonstances de leur rencontre, mais soutient que les rapports sexuels étaient consentis. Toutefois, l’exploitation de son téléphone portable va fragiliser sa ligne de défense. Les enquêteurs découvrent en effet des échanges dans lesquels la jeune femme lui signifiait clairement qu’elle ne souhaitait pas avoir de relation sexuelle. Mais ce n’est pas tout. Dans son téléphone, les policiers mettent également la main sur plusieurs vidéos intimes de jeunes Sénégalaises. Certaines d’entre elles seront contactées dans le cadre de l’enquête.
Mieux ou pire, il avait usurpé l’identité d’un agent administratif à l’aéroport international Blaise Diagne pour dribbler son monde
L’une des victimes présumées, domiciliée à Thiès, raconte avoir connu le suspect sous le nom de « Chérif Ba », présenté comme agent administratif à l’AIBD. Leur relation avait évolué jusqu’aux préparatifs du mariage. Mais le jour fixé pour discuter officiellement avec les parents de la jeune femme, le suspect avait disparu après avoir prétendu se rendre à la banque. Comme si cela ne suffisait pas, un autre homme se présente spontanément au commissariat durant l’enquête. Il accuse Souleymane Sow de s’être fait passer pour le procureur Abdou Aziz Sow du Tribunal de Thiès afin de consommer dans son bar sans payer. Selon le plaignant, le suspect avait commandé plusieurs bouteilles d’alcool en promettant de régler toute l’addition du bar. Montant de la facture : 44.400 FCFA. Après identification formelle dans les cellules de garde à vue, la victime a confirmé ses accusations devant les enquêteurs. Au terme de sa garde à vue prolongée, Souleymane Sow a finalement été déféré au parquet le 6 mai dernier.
Amadou DIA (Actusen.sn)
