Tout laisse croire qu’on pourrait aller vers une révision du procès Ousmane Sonko-Mame Mbaye Niang. Du moins, si l’on se fie à la teneur de la sortie des avocats du leader du Pastef. Qui, en conférence de presse, ce lundi, ont déclaré à qui veut les entendre qu’il existe bel et bien un rapport épinglant Mame Mbaye Niang et qu’il a été signé, approuvé et archivé, dès 2018. Revenant sur les conditions du procès de 2023, Me Macodou Ndour et ses confrères déplorent ce qu’ils qualifient d’enchaînement judiciaire «unique dans les annales», sur fond de ‘’vitesse d’exécution inhabituelle.’’
«En plus de trente ans de pratique, je n’ai jamais vu un procès pour diffamation jugé en première instance et confirmé en appel avec une telle célérité. L’appel a été jugé, alors qu’il n’était même pas encore enrôlé», a fustigé la défense. Refusant de s’en arrêter là, les conseils du chef de file du Pastef rajoutent une couche à leur sévère réquisitoire en ces termes : ‘’la peine de six mois avec sursis n’était pas un hasard : elle correspondait au seuil exact pour rendre Ousmane Sonko inéligible.’’
Se disant convaincus que la condamnation de leur client était adossée à l’idée selon laquelle le rapport du Prodac était une simple vue de l’esprit, les avocats de Sonko déclarent à qui veut les entendre qu’ils détiennent la preuve du contraire. Le document aurait été signé, approuvé et archivé, dès 2018.’’ «La condamnation de notre client repose sur un mensonge positif. On a soutenu devant les Juridictions que ce rapport n’existait pas, alors qu’il met en cause des responsabilités clairement identifiées», a pesté Me Ndour.
Poursuivant, la défense explique : ‘’suite à cette découverte, une commission spéciale composée de hauts magistrats a été saisie. Après examen, elle a rendu un avis favorable à la révision du procès, estimant que ces éléments nouveaux font naître un «doute sérieux» sur la culpabilité du Premier ministre.’’
Quid de ceux qui croient dur comme fer que la loi d’amnistie est de nature à plomber toute idée de révision de ce procès ? Eh bien, les conseils de Sonko se veulent formels : ‘’la procédure de révision est encadrée par une loi organique, supérieure à la loi d’amnistie.’’ Et ce n’est pas tout. Car, selon eux, ‘’la condamnation civile (200 millions de F Cfa) est toujours exécutoire, justifiant ainsi la nécessité de laver totalement leur client.
Actusen.sn
