La colère monte dans les bassins arachidiers. À l’issue d’une réunion tenue le jeudi 08 janvier 2026, les cadres de la Renaissance républicaine ont passé au crible la campagne de commercialisation de l’arachide en cours. Leur verdict est sans appel : un échec « manifeste, prévisible et aujourd’hui assumé », dont les premières victimes sont les producteurs sénégalais, selon eux.
Selon les cadres de la Renaissance républicaine, les points de collecte peinent à fonctionner, les opérateurs agréés manquent de liquidités et les mécanismes censés encadrer la campagne demeurent largement inopérants, poussant de nombreux paysans à céder leurs récoltes à des prix dérisoires sur des circuits parallèles
Après des mois de travail dans des conditions souvent difficiles, ces derniers se retrouvent, selon le réseau, « abandonnés, appauvris et humiliés ». Dans la plupart des zones de production, la commercialisation est quasiment à l’arrêt. Les points de collecte peinent à fonctionner, les opérateurs agréés manquent de liquidités et les mécanismes censés encadrer la campagne demeurent largement inopérants. Résultat : de nombreux paysans sont contraints de céder leurs récoltes à des prix dérisoires sur des circuits parallèles.
Les CRR pointent notamment l’annonce d’un prix plancher fixé à 305 FCFA le kilogramme, qu’ils jugent « déconnectée des réalités », faute de dispositifs financiers permettant son application effective
Pour les cadres de la Renaissance républicaine, cette situation est le fruit d’un enchaînement de décisions mal préparées, de retards injustifiables et d’un pilotage défaillant de la filière arachidière. Ils pointent notamment l’annonce d’un prix plancher fixé à 305 FCFA le kilogramme, jugée « déconnectée des réalités », faute de dispositifs financiers permettant son application effective. « Une illusion administrative », estiment-ils, qui trompe les producteurs et entame la crédibilité de l’État. La critique s’étend également à la politique d’exportation de l’arachide, qualifiée d’erratique. Les alternances entre interdictions, assouplissements et restrictions, sans vision stratégique claire, auraient profondément désorganisé la filière, réduit les débouchés formels et favorisé l’expansion des circuits informels.
Le réseau plaide la mise en place de mécanismes financiers crédibles garantissant le prix plancher, l’amélioration de l’accès aux marchés et aux infrastructures de commercialisation, un meilleur niveau de coordination entre les acteurs de la filière, ainsi que des politiques d’exportation stables, cohérentes et prévisibles
Face à cette crise, le réseau des cadres de la Renaissance républicaine appelle l’État à assumer pleinement son rôle de régulateur et de protecteur des producteurs. Il plaide pour la mise en place de mécanismes financiers crédibles garantissant le prix plancher, l’amélioration de l’accès aux marchés et aux infrastructures de commercialisation, un meilleur niveau de coordination entre les acteurs de la filière, ainsi que des politiques d’exportation stables, cohérentes et prévisibles.
Ainsi, les cadres disent avoir pris note de l’annonce du Premier ministre concernant un financement exceptionnel destiné à permettre à la SONACOS d’absorber les invendus. Une annonce accueillie avec prudence. Le réseau espère qu’elle se traduira rapidement par des actes concrets et non par un simple effet d’annonce, « tant l’urgence sociale et économique dans les zones de production impose des réponses immédiates ».
Actusen.sn
