A LA UNECoups et blessures volontaires : un agent municipal jeté en prison 

Coups et blessures volontaires : un agent municipal jeté en prison 

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Ils étaient deux à se croiser régulièrement dans le quartier, mais tout sauf amis. Entre Matar Ndong et Amadou Ndong, le contentieux traînait depuis des mois. Jusqu’à ce jeudi-là, où la tension a explosé. «Il m’a injurié de mère. J’ai perdu mon sang-froid. C’est moi qui l’ai blessé avec une bouteille», confie sans détour le jeune agent municipal, jugé pour coups et blessures ayant entraîné 21 jours d’incapacité. Devant le tribunal, il reconnaît volontiers s’être battu avec Amadou Ndong. Selon ses explications, les deux hommes sont en conflit depuis l’an dernier. Ce jeudi-là, une insulte de trop aurait mis le feu aux poudres. «Il m’a injurié de mère. J’ai perdu mon sang-froid. C’est moi qui l’ai blessé avec une bouteille», avoue-t-il sans détour.

Mais il conteste fermement la seconde infraction, la détention de drogue. Il jure qu’au moment de son interpellation, le lendemain de la bagarre, il n’avait sur lui que son téléphone, une pièce d’identité et la clé de la mosquée où il se rendait. «Je n’avais ni sac ni argent. Je revenais de la prière», soutient-il.

Le ministère public n’y croit pas. Il rappelle que Matar Ndong a été arrêté suite à une planque policière, après avoir pris la fuite le jour de l’altercation. Dans leur procès-verbal, les agents, assermentés, affirment avoir retrouvé les cornets sur lui. Pour le parquet, ses propos changent au gré des questions. Il demande une requalification en détention en vue de l’usage et requiert une condamnation de six mois ferme, ainsi que la confiscation et la destruction de la drogue saisie.

L’avocat de la défense, lui, plaide une version tout autre. Selon lui, Matar Ndong est un jeune connu dans son quartier, vivant à une adresse fixe. Il n’y avait donc aucune raison de le prendre en filature. Il évoque une arrestation disproportionnée, et une accusation de drogue sans fondement. Il demande une application clémente de la loi pour les coups et blessures, mettant en avant la provocation dont aurait été victime son client.

Après délibéré, le tribunal requalifie les faits liés à la drogue en détention en vue d’usage personnel. Matar Ndong est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés et est condamné à un mois de prison ferme

Aïssatou TALL (Actusen.sn)

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