Action pour les droits humains et l’amitié (Adha) exprime sa préoccupation suite à la décision du conseil académique de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar de suspendre les amicales des étudiants qui, selon elle, sont des cadres légalement reconnus de représentation et de défense des intérêts de la communauté estudiantine. «En prenant une telle mesure, les autorités universitaires fragilisent les canaux formels de dialogue et repoussent les dynamiques étudiantes vers des formes d’organisation informelles, voire clandestines. La marginalisation des structures représentatives n’entraîne jamais la fin des revendications. Elle favorise leur radicalisation et accroît les risques de tensions, contrairement aux exigences de paix sociale et de responsabilité partagée», lit-on.
Action pour les droits humains et l’amitié qui rappelle que toute restriction des libertés d’association et de représentation ne saurait être justifiée qu’en conformité avec la loi, et dans le cadre des principes de nécessité et de proportionnalité consacrés par la Constitution sénégalaise et la Déclaration universelle des droits de l’Homme. «Les étudiants ont droit à un espace de dialogue structuré, au respect de leurs libertés et à la participation à la vie universitaire. Les mesures de suspension des Amicales ne constituent pas des solutions durables à la crise actuelle. Elles risquent d’alimenter un climat de méfiance, de frustration et de tension au sein de l’Ucad. Il est impératif que toutes les parties privilégient le dialogue, la concertation et le respect mutuel, afin de préserver l’intérêt supérieur des étudiants et la stabilité de l’institution», ajoute le communiqué.
Action pour les droits humains et l’amitié (Adha) appelle à la réouverture urgente d’un cadre de concertation inclusif, à la suspension des mesures susceptibles d’aggraver la crise et à la mise en place d’un dialogue franc et constructif entre les autorités universitaires et les représentants étudiants. «Le radicalisme, d’où qu’il vienne, ne saurait être une voie de sortie. L’expérience montre que toute crise universitaire trouve son issue dans le dialogue, la responsabilité partagée et le respect des droits fondamentaux. Adha réaffirme son attachement aux principes de dialogue, de légalité et à la promotion des droits humains dans l’espace universitaire, et demeure disponible pour tout échange constructif en vue de préserver la paix, la stabilité et la dignité des étudiants de l’Ucad», conclut le document.
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