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Rufisque : une ménagère étouffe son bébé après avoir accouché dans les toilettes

Sagna risque de passer 10 années en prison si le juge de la chambre criminelle suit le réquisitoire du parquet. Née en 1982, elle a été conduite au palais de justice pour être jugée du crime d’infanticide. H. Sagna a donné volontairement la mort à son nouveau-né.

L’enfantement est considéré comme le plus grand bonheur de la femme. Mais H. Sagna fait l’exception.  Mère de deux enfants, H. Sagna a été attraite à la barre de la chambre criminelle de Dakar pour avoir commis un infanticide. Le premier mars 2017, les éléments du commissariat de Rufisque ont été alertés d’une découverte macabre derrière le cimetière Dangou de ladite localité. Arrivés sur les lieux, les flics ont retrouvé un nouveau-né couvert d’un linceul multicolore. Le corps sans vie avait un bras et une jambe amputés par les chiens.

Acheminé à l’hôpital Youssou Mbargane pour les besoins de l’autopsie, le certificat de genre de mort révèle que l’enfant est mort par asphyxie. Après investigations, la responsable de ce crime a été identifiée sous le nom de H. Sagna. Cette dernière était mariée à un ressortissant guinéen qui était absent depuis 4 longues années. Ne pouvant plus attendre, elle a eu une relation  amoureuse avec un compatriote de son mari avec qui elle a entretenu une relation sexuelle dans une auberge.  Cette relation extraconjugale a engendré une grossesse indésirable.

Ayant supporté ce fœtus, malgré elle, pendant 9 mois dans son ventre, H. Sagna n’a jamais effectué de visite prénatale. Un jour, de très bonne heure, elle a eu des contractions et s’est rendue dans les toilettes où elle a accouché à l’insu de toute la maison. Pour ne pas être la risée de la société, elle a tout bonnement décidé de se départir du bébé. C’est ainsi qu’elle l’a jeté sur les lieux où l’enfant a été découvert. Ceci fait, elle se rendit à la maison où elle travaillait à titre de ménagère pour réclamer son paiement. C’est sur ces entrefaites qu’elle a eu un malaise et a été conduite à l’hôpital où était amené son fils. Un crime n’étant jamais parfait, les médecins se sont vite rendu compte que c’est d’elle que venait cet enfant. Car, le placenta n’a pas été coupé.

Sagna, prévenue : «j’avais clairement dit à mon mari que je ne pouvais pas l’attendre. La grossesse était certes inattendue mais je n’avais pas l’intention de tuer le bébé»

Venue donner une explication des faits qui lui valent sa comparution, H. Sagna a exprimé ses regrets devant le juge. «La grossesse était certes inattendue mais je n’avais pas l’intention de le tuer. Je m’étais dit que ce serait dur mais je vais l’entretenir malgré tout.  En ce moment, je n’étais pas dans les liens du mariage. Mon mari, je lui avais clairement dit que je ne pouvais pas l’attendre. J’ai su que j’étais enceinte quand j’étais à mon 5ème mois de grossesse. Je n’avais pas fait les visites prénatales mais cela ne cachait aucune mauvaise intention. J’ai accouché à l’aube dans le domicile de ma mère. J’étais très confuse. J’avais étalé un foulard et j’y ai enveloppé le bébé. Quand il est né, il n’a pas crié », narre-t-elle.

Quant à l’asphyxie dont a fait état le certificat de genre de mort, elle dira : «après avoir accouché, je l’ai couvert du morceau de tissu que je détenais sans même lui jeter un coup d’œil.  Je pense que c’est la fermeté de la couverture qu’il l’a asphyxié », se défend-t-elle. D’une voix tremblante, elle regrette : «Si j’en avais parlé à ma mère ou à mes sœurs, elles m’auraient soutenue. Mais je ne sais pas ce qui m’a empêché d’aller leur en parler. J’ai trop mal agi et je le regrette. Pardonnez-moi !»

Sagna, prévenue : «après avoir accouché, je l’ai couvert du morceau de tissu que je détenais sans même lui jeter un coup d’œil. Je pense que c’est la fermeté de la couverture qui l’a asphyxié»

De l’avis du ministère public, la prévenue a fait preuve de manque de dignité. «C’est elle qui a donné naissance à ce pauvre enfant mais cela ne lui donne pas le droit de lui ôter volontairement la vie. Elle ne pourra jamais justifier son crime», estime le maître des poursuites avant de demander au Tribunal de condamner la dame H. Sagna à 10 ans de réclusion criminelle.

Parquet : «c’est elle qui a donné naissance à ce pauvre enfant mais cela ne lui donne pas le droit de lui ôter volontairement la vie»

Prenant la parole pour plaidoirie, l’avocat qui assurait la défense de la prévenue a joué au sentimental. Pour lui, la pire sanction que l’on puisse infliger à sa cliente, c’est de la laisser partir et lui donner la chance de se réinsérer socialement. Il a ainsi demandé au juge de la chambre criminelle d’être clément à l’endroit de H. Sagna. À la fin des débats, l’affaire a été mise en délibéré au 8 février.

Adja Khoudia Thiam, Stagiaire-Actusen.sn

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