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Situation économique et sociale du pays : l’Apr hausse le ton et annonce des saisines

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L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton sur la situation économique et sociale du pays. Dans un communiqué, le Secrétariat exécutif national (SEN) du parti dénonce une hausse généralisée des prix, une baisse du pouvoir d’achat des ménages et des choix économiques qu’il juge responsables de la situation actuelle. L’APR interpelle directement le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale.

Le Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (APR) dit faire de la vie chère une « préoccupation majeure ». Dans son communiqué, le parti dénonce « une hausse généralisée et continue des prix » qui, selon lui, « pèse lourdement sur les ménages », avec pour conséquence une dégradation du pouvoir d’achat et « un profond sentiment de précarité au sein de la population ». Revenant sur la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, l’APR estime que les annonces faites sur « un hypothétique agenda de transformation nationale à l’horizon 2050 » ne répondent pas à la situation économique actuelle.

L’ancien régime estime que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, « doivent assumer pleinement leurs responsabilités devant les millions de Sénégalais confrontés à cette situation »

Le parti dénonce notamment « les licenciements intervenus dans plusieurs secteurs d’activité, l’arrêt de nombreux chantiers et l’affaiblissement des mécanismes de protection sociale », qu’il présente comme les conséquences des politiques menées au cours des deux dernières années. Selon l’APR, ces facteurs « ont privé une large partie de nos concitoyens de revenus et de perspectives ».

D’ailleurs, l’ancien régime affirme avoir alerté, au lendemain de l’arrivée au pouvoir du régime issu de Pastef, sur « l’interprétation erronée » qui aurait été faite de la baisse initiale des prix des denrées. Selon le parti, une baisse des prix peut résulter de « trois mécanismes fondamentaux » : « une amélioration de l’offre et des coûts de production, une contraction de la demande ou encore une augmentation des subventions publiques ».

« Aucune dérobade, aucune manœuvre et aucun subterfuge ne sauraient soustraire les autorités du pouvoir de leurs responsabilités devant la réalité économique et sociale du pays »

Pour l’APR, la baisse observée au début de l’alternance « ne pouvait donc s’expliquer que par une contraction de la demande ». Le parti estime que lorsque les ménages disposent de moins de revenus et réduisent leur consommation, les prix peuvent effectivement diminuer, mais qu’une telle évolution « ne peut nullement être le signe d’une économie en meilleure santé ». L’APR soutient qu’une demande durablement faible « finit par fragiliser l’appareil productif », avec pour effets une réduction des investissements et un affaiblissement des capacités d’approvisionnement du pays.

Abdou Mbow et ses camarades annoncent leur intention de saisir « les institutions compétentes, notamment la Cour des comptes, l’ANSD et les autorités de régulation »

Le parti met également en cause le maintien d’une pression fiscale sur les opérateurs économiques. L’APR estime que la fragilisation du pouvoir d’achat a été « aggravée par le maintien d’une pression fiscale sur des opérateurs économiques déjà fortement éprouvés ». Selon le communiqué, le gouvernement aurait dû privilégier « des mesures permettant de préserver les entreprises, soutenir la production, sécuriser les approvisionnements et protéger l’emploi ». L’APR attribue les choix opérés à « l’inexpérience et l’absence de vision économique » et affirme que le pays en subit aujourd’hui les conséquences. Le parti évoque ainsi « l’effet cumulé de la contraction de la demande, de l’affaiblissement de l’activité, des difficultés rencontrées par plusieurs secteurs productifs, des pertes de récoltes, des tensions d’approvisionnement et de la pression fiscale ». Ces facteurs, selon l’APR, se traduisent par « une dégradation préoccupante de la situation économique ».

Objectif : exiger « un état des lieux chiffré, transparent et contradictoire de la situation économique du pays »

Face à cette situation, l’APR estime que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, « doivent assumer pleinement leurs responsabilités devant les millions de Sénégalais confrontés à cette situation ». « Aucune dérobade, aucune manœuvre et aucun subterfuge ne sauraient soustraire les autorités du pouvoir de leurs responsabilités devant la réalité économique et sociale du pays », écrit le parti. L’APR dit, dans le même temps, vouloir rester « fidèle à sa vocation d’opposition républicaine, responsable et attentive aux préoccupations du peuple sénégalais ».

Pour obtenir une évaluation de la situation économique, l’APR annonce son intention de saisir « les institutions compétentes, notamment la Cour des comptes, l’ANSD et les autorités de régulation ». L’objectif affiché est d’exiger « un état des lieux chiffré, transparent et contradictoire de la situation économique du pays ». « Les Sénégalais ont droit à la vérité sur l’état de leur économie. Ils ont aussi droit à des réponses concrètes », soutient le parti.

Dans son communiqué, l’APR affirme enfin que « la hausse généralisée des prix et la dégradation du pouvoir d’achat sont symptomatiques d’une profonde crise de gouvernance économique et sociale ». Le parti appelle ainsi le pouvoir à « sortir des sempiternels discours et des tergiversations pour enfin se mettre au travail et apporter aux Sénégalais des réponses à la hauteur de leurs difficultés ».

Actusen.sn 

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