Un avocat dépouillé de son iPhone 17 Pro Max lors d’une manœuvre bien rodée impliquant un scooter. Grâce à la géolocalisation et à une enquête minutieuse de la Sûreté urbaine de Guédiawaye, un suspect déjà cité dans des affaires similaires a été arrêté. Perquisitions, reconnaissance formelle et saisies accablantes : récit d’une interpellation qui met en lumière un mode opératoire récurrent.
Dans la nuit du 29 au 30 novembre 2025, un avocat bien connu du barreau, Me Idrissa Boubacar Sajho, a été victime d’un vol audacieux dans le secteur huppé des Almadies. Alors qu’il circulait à bord de son véhicule vers 23 heures, un scooter transportant deux individus est venu percuter sa voiture. Croyant à un simple accident de la circulation, le juriste baisse la vitre côté passager pour échanger avec les occupants du deux-roues. Une erreur qui lui coûtera cher.
Le film de l’agression de Me Boubacar SAJHO
Tandis que l’un des individus captait son attention, un complice s’est discrètement approché de la vitre restée ouverte pour glisser la main à l’intérieur du véhicule et s’emparer de son téléphone portable, un iPhone 17 Pro Max d’une valeur estimée à 1,4 million de francs CFA. Les deux hommes ont aussitôt pris la fuite, laissant leur victime sans réaction immédiate.
Fort heureusement, l’appareil était connecté à un autre téléphone, ce qui lui a permis de géolocaliser plus tard voleur dans le secteur de Guédiawaye
Ce n’est qu’après leur départ que Me Sajho a constaté le vol. Fort heureusement, l’appareil était connecté à un autre téléphone, ce qui lui a permis de le géolocaliser dans le secteur de Guédiawaye. Il a alors saisi la Sûreté urbaine du Commissariat central de Guédiawaye, suivant la déclaration n°8379/CCG du 30 novembre 2025, contre X pour vol en réunion commis la nuit avec usage de moyen de transport.
La robe noire, très connue du barreau, fournit aux enquêteurs la photo de l’un des malfaiteurs et révèle avoir échangé avec Cheikh Sylla, directeur juridique de la SENICO, lui-même victime de faits similaires à la Cité Damel
L’enquête va rapidement prendre une tournure décisive. Le plaignant fournit aux enquêteurs la photo de l’un des malfaiteurs et révèle avoir échangé avec Cheikh Sylla, directeur juridique de la SENICO, lui-même victime de faits similaires à la Cité Damel. Dans le cadre de l’enquête menée à l’époque par la DIC, une photo de l’auteur présumé lui avait été montrée. Me Sajho reconnaît formellement le même individu.
Le suspect, M. Mbacké Fall, alias Modou Fall, un individu déjà connu des services pour des faits similaires…
Les investigations de terrain et des renseignements recueillis auprès de sources locales permettent d’identifier le suspect : Mamadou M. Mbacké Fall, alias Modou Fall, un individu déjà connu des services pour des faits similaires. Après avoir localisé son domicile, les policiers mettent en place une planque. L’homme est finalement interpellé à son arrivée à bord de son véhicule Hyundai, dans une ruelle menant à son domicile.
Âgé de 42 ans, chauffeur de profession, né à Pikine, Mamadou M. Mbacké Fall nie les faits lors de son interrogatoire sommaire, tout en affirmant avoir déjà été condamné pour des faits remontant à plus de trois ans à la suite d’une enquête de la DIC. Une version qui n’a pas convaincu les enquêteurs, d’autant plus que Me Sajho, convoqué pour une identification, le reconnaît sans équivoque.
L’impressionnant dispositif découvert chez lui : Dans le coffre de son véhicule, les policiers saisissent un boubou jalaba marron et deux chemises de couleurs jaune et mauve, des vêtements qu’il utiliserait pour se changer rapidement afin d’échapper à d’éventuelles poursuites, des cartes grises différentes…
Les perquisitions menées dans la foulée se révèlent riches en enseignements. Dans le coffre de son véhicule, les policiers saisissent un boubou jalaba marron et deux chemises de couleurs jaune et mauve, des vêtements qu’il utiliserait pour se changer rapidement afin d’échapper à d’éventuelles poursuites. À son domicile, trois clés USB, un téléphone Tecno, une pochette d’iPhone, ainsi que plusieurs cartes grises établies à des noms différents, un permis de conduire et une carte PAMECAS sont également découverts. Autant d’éléments qui renforcent les soupçons autour d’un mode opératoire bien huilé et relancent le débat sur la recrudescence des vols sophistiqués commis de nuit à Dakar. L’enquête se poursuit.
Amadou DIA (Actusen.sn)
