Depuis quelques jours, la communication officielle et certains soutiens du pouvoir présentent la baisse du prix du carburant comme un effort social important du gouvernement, presque comme un geste d’empathie envers les ménages.
Mais les chiffres racontent une autre réalité.
Entre décembre 2024 et décembre 2025, le prix du pétrole sur les marchés internationaux a reculé d’environ 18 à 20 %. Sur la même période, au Sénégal, la baisse appliquée à la pompe n’a été que d’environ 7 %.
Concrètement, cela signifie que la baisse observée n’est pas le résultat d’un sacrifice budgétaire particulier de l’État, mais avant tout la conséquence logique d’une baisse du prix d’achat du pétrole sur le marché mondial. Et encore, cette baisse mondiale n’a été que partiellement répercutée sur le consommateur sénégalais.
À titre d’exemple, si la baisse internationale avait été pleinement reflétée, un carburant vendu autour de 990 FCFA aurait pu descendre vers 800 FCFA, et un gasoil vendu autour de 755 FCFA aurait pu se situer autour de 610 FCFA. Ce n’est pas ce qui a été fait.
Soyons clairs. Un État n’est pas obligé de baisser automatiquement les prix à la pompe dès que le prix du baril diminue. Il existe des mécanismes de régulation et de subvention qui permettent de stabiliser les prix, d’éviter des variations brutales et de protéger l’économie contre l’inflation.
Mais ce que l’État, et surtout ses communicants, n’ont pas le droit de faire, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle, c’est de faire croire que cette baisse est avant tout le fruit de leur « yeurmandé », de leur générosité ou d’un choix social courageux.
La réalité est donc simple : le prix du pétrole a reculé à l’échelle mondiale. Au Sénégal, cette baisse n’a été que partiellement répercutée, et dans une proportion inférieure à celle observée dans des pays voisins comme le Mali ou la Côte d’Ivoire. Le consommateur sénégalais n’en a donc perçu qu’une part plutôt limitée.
Les Sénégalais méritent une information économique complète, honnête et contextualisée. La transparence n’est pas un slogan politique, c’est un devoir démocratique.
Amadou Baba Ndiaye, Citoyen engagé, Consultant en Marketing Digital
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