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Réseau de proxénétisme et prostitution : comment les éléments de la section de Recherche ont fait tomber 5 Maghrébines à Ngaparou

Après presque 15 jours de privation de liberté, les maghrébines Samira Zafoor, Hajar Mssyeh, Myriem Migrou, Zahra Apidi et Douha El Faleh ont été jugées, ce jeudi, par le tribunal des flagrants délits de Dakar. La première nommée est poursuivie pour proxénétisme et complicité d’offre et de cession de cocaïne tandis que le reste, lui, comparaissait pour non-inscription dans le fichier sanitaire. Elles seront fixées sur leur sort le 15 décembre prochain.

Si elles savaient ce qui les attendait, Samira Zafoor, Hajar Mssyeh, Myriem Migrou, Zahra Apidi et Douha El Faleh n’allaient jamais prendre part à cette fête à laquelle elles avaient été invitées. Pour s’y être rendues en croyant qu’elles avaient affaire à un homme d’affaire libanais, elles sont tombées dans les filets des éléments de la section de Recherche. En effet, ces derniers ont reçu une information anonyme selon laquelle il y a un réseau de prostitution et de proxénétisme alimenté par des maghrébines.

À la réception de cette information une enquête a été diligentée. Ils ont ainsi appris que pour accéder dans ce réseau, il faut être au préalable être un homme aisé ou une autorité. C’est sur ces entrefaites que l’un d’eux a contacté la dame Samira Zafoor en se présentant comme un homme d’affaire libanais du nom de Fadel. Il lui a fait croire qu’il avait prévu d’organiser une fête à Ngaparou et voudrait avoir de la bonne compagnie. Ainsi, Samira s’en est ouverte à ses amies qui ont accepté de participer à cette fête.

Pour la rémunération, elle a fixé le montant à 250.000 francs pour chacune. Connaissant la corrélation entre le sexe et la drogue, le supposé homme d’affaire l’a plus tard rappelé pour lui dire qu’il souhaiterait qu’elle lui amène de la drogue en venant à cette soirée. Samira s’est rapprochée alors de sa copine Zahra qui lui a proposé Abdou Aziz Ndiaye qui, selon elle, vent de la drogue dans les boites de nuit. Elles ont passé une commande 3 grammes de drogue moyennant 50.000 francs.

Embarquées dans une voiture avec un volant, un chauffeur envoyé par «l’homme d’affaire», elles ont été déposées dans une belle villa à Ngaparou. Dès leur arrivée, les filles ont réclamé leur dû avant d’aller se poser devant la piscine. Le chauffeur a ainsi remis à Samira une enveloppe et elle a procédé au partage. Comme convenu, chacune d’elle, y compris Samira, a reçu 250.000 francs. C’est dans ces circonstances que les éléments de la section de recherche ont débarqué avant de procéder à leur arrestation. Après une fouille, ils ont trouvé la drogue que Samira avait gardé dans son soutien-gorge.

Placés sous mandat de dépôt le 29 novembre dernier, elles ont fait face aux juges du tribunal des flagrants délits de Dakar. Chargé de recruter des filles d’origine Maghrébines pour agrémenter la soirée, Samira Zafoor est le premier à prendre la parole. Plus âgée que le reste, elle est poursuivie pour proxénétisme et complicité d’offre et de cession de cocaïne. Selon elle, elle ne connaît pas Fadel mais celui-ci lui a juste contacté afin qu’elle lui mette en rapport avec des filles qui viendront assister à la fête de l’inauguration de ses deux nouveaux restaurants. Mais, précise-t-elle, le libanais ne lui a pas dit qu’il engageait des prostituées. S’agissant de la drogue, elle reconnaît qu’elle a été trouvée par dévers elle mais refuse la paternité.

Prévenu d’offre et de cession de cocaïne, Abdou Aziz Ndiaye a été alpagué grâce à Zahra qui l’a appelé sur ordre des enquêteurs pour lui demander de venir le voir. Au prétoire, il a contesté avoir remis la drogue à Samira pour le compte du Libanais. À l’en croire, il a connu les filles en boîte de nuit et que celles-ci lui louent sa voiture quand elles doivent sortir.

Quant aux autres prévenues de non-inscription au fichier sanitaire, Hajar Mssyeh, Myriem Migrou, Zahra Apidi et Douha El Faleh, elles ont plaidé non coupables. Selon elles, elles étaient allées à la fête juste pour y prendre part mais pas pour des prestations sexuelles rémunérées. Interrogées sur l’argent qu’elles ont reçu, Zahra rétorque qu’il le leur a offert en guise de remerciement pour s’être déplacées de Dakar à Ngaparou. Douha, étudiante née en 1995, renchérit qu’elle a même demandé si on leur a donné l’argent en contrepartie de quelque chose et qu’on lui a répondu par la négative.

«Nous sommes arrivées vers 17 heures. Nous avons demandé à voir le libanais parce qu’on ne l’a pas vu. Tout de même, avant de quitter Dakar, on savait que la fête n’allait pas se passer dans le resto mais dans une villa à Ngaparou», explique Douha. Les dénégations des prévenus n’ont guère convaincu le représentant du ministère public.

Pour le cas de Samira, il soutient que rien que le fait de recruter des filles pour profiter du fruit de leur prostitution établi les délits de proxénétisme qui lui est reproché. Pour le chef de complicité d’offre et de cession de cocaïne, il a demandé qu’il soit disqualifié en facilitation en vue de vendre la drogue. S’agissant des autres filles, le parquetier estime que le fait que Samira a pensé à elles qu’elles ont réclamé leur dû dès leur arrivée à Ngaparou corroborent qu’elles s’activent dans la prostitution. Par voie de conséquence, il a demandé qu’elles soient toutes déclarées coupables.

Pour la répression, le maître des poursuites a requis une peine de 2 ans ferme contre Abdou Aziz Ndiaye et une peine ferme de 2 mois contre Samira Zafoor. Quant à Hajar Mssyeh, Myriem Migrou, Zahra Apidi et Douha El Faleh, il a requis à leur encontre une peine assortie du sursis d’un (1) mois.

Les conseils des prévenus qui estime que les éléments techniques devant permettre d’assoir l’inculpation ne sont pas réunis, ont sollicité que leur clients soient renvoyés dès fins de la poursuite. L’un d’eux, Me Abdy Nar Ndiaye, considère même que cette procédure devait être déclarée irrecevable. À l’issue des débats, le juge a mis l’affaire en délibéré au 15 décembre prochain.

Adja Khoudia THIAM (Actusen.sn)

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