C’est une manœuvre diplomatique d’envergure qui se joue à Addis-Abeba. L’Union africaine enclenche la procédure d’approbation de la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Sauf objection massive d’États membres aujourd’hui, l’ancien chef de l’État sénégalais pourrait bénéficier d’un adoubement continental stratégique.
Dans les couloirs feutrés du siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, le tempo s’accélère. Réunie hier sous la présidence du chef de l’État burundais Évariste Ndayishimiye, la première séance du Bureau de l’Assemblée a acté une étape décisive : la transmission d’un projet de décision visant à soutenir officiellement la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies.
Sauf objection massive d’États membres aujourd’hui, l’ancien chef de l’État sénégalais pourrait bénéficier d’un adoubement continental stratégique aujourd’hui
Le mécanisme retenu n’est pas anodin. Il s’agit d’une procédure dite d’« adoption tacite ». En clair, si plus d’un tiers des États membres ne s’y oppose pas avant la clôture des travaux fixée aujourd’hui, le texte sera considéré comme adopté par consensus. Une méthode discrète mais redoutablement efficace pour éviter les blocages publics et afficher une unité africaine.
En fait, le Bureau de l’Assemblée a acté la transmission d’un projet de décision visant à soutenir officiellement la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies
Cette démarche s’appuie sur les dispositions de l’article 19 du règlement intérieur de l’Assemblée, qui privilégie le consensus ou, à défaut, une majorité qualifiée des deux tiers. Autrement dit, sauf fronde inattendue, Macky Sall est en passe de décrocher un soutien politique continental de poids.
Il s’agit d’une procédure dite d’« adoption tacite » ; si plus d’un tiers des États membres ne s’y oppose pas avant la clôture des travaux, le texte sera considéré comme adopté par consensus
Au-delà du formalisme, l’enjeu est hautement stratégique. Depuis plusieurs années, l’Afrique peine à imposer l’un des siens à la tête des grandes institutions internationales. Une candidature unifiée, portée par l’Union africaine, pourrait rebattre les cartes dans la course à la succession du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies.
Actusen.sn
