Le français est la langue officielle du Sénégal. Le premier Président de la république du Sénégal, Léopold Sédar Senghor en a voulu ainsi. Et ce fut ainsi depuis belle lurette. Léopold Sédar Senghor était un poète. Premier africain  agrégé  en grammaire.Un des pères fondateurs de la francophonie dans un groupe composé d’Habib Bourguiba de la Tunisie, de Norodom Sihanouk du Cambodge et deHamani Diori du Niger. Ces hommes exceptionnels sans être des français d’origine nous ont imposé la francophonie. Ils ont joué de leur influence pour faire progresser la francophonie en la dotant d’institutions gouvernementales.

Le français, c’est la langue du colon français. C’est la langue que les pays colonisés par la France ont adopté comme langue officielle. C’est la langue de l’école de Jules Ferry. C’est la langue des apprentissages à l’école. Calculer, lire et écrire. C’est la langue d’usage des maitres et les maitresses en classe.  C’est la langue également des professeurs de collège, de Lycée et d’université.

Comme tous les jeunes sénégalais, c’est la langue que j’essaye de bien parler depuis que je suis tout petit. Plus exactement, depuis que j’ai six ans. Parce que  c’est à six ans que mon père m’a inscrit à l’école avec  le souhait inavoué que je devienne quelqu’un. Quelqu’un d’autre qui lui ressemble mais quelqu’un d’autre de différent. Quelqu’un d’autre avec un métier différent de celui qu’il avait. Quelqu’un qui appartient à l’élite intellectuelle. Mais quelqu’un qui croit en ce qu’il croit. Quelqu’un qui refuse ce qu’il refuse. Quelqu’un qui déteste ce qu’il déteste. Bref ! Il voulait que je devienne quelqu’un d’autre qu’il aurait souhaité lui-même être.

En m’inscrivant à l’école où le français est d’usage systématique et obligatoiresi, au début, ils ne savaient pas avec exactitude ce qu’ils voudraient que  je devienne mais ils avaient une bonne idée de l’école. Ils savaient que l’école était un moyen pour parvenir à la réussite sociale même si celle-ci est relative. Pour eux, l’école, c’est un tremplin pour changer de conditions de vie.

Justement, en ce qui me concerne, je ne savais pas le but ultime d’aller à l’école.  Pour moi, mes parents voulaient que j’aille à l’école. Il fallait y aller. En y allant, je ne faisais qu’obéir à leur volonté sans rien comprendre des enjeux que je comprendrais plus tard  Etait-ce pour avoir du travail à la fin de mes études ? Etait ce pour acquérir des connaissances ?

En effet, j’ai appris à calculer, à lire et à écrire dans la langue française.  J’écris mes correspondances dans cette langue de Molière. Je m’exprime en français comme un toubab. C’est la langue de l’administration. Et  les actes administratifs sont produits en français. C’est la langue de la différenciation ou la langue del’élite. C’est la langue de valorisation.  C’est la langue de communication officielle.

C’est la langue qu’utilise le Président de la république du Sénégal, hier, aujour d’hui comme demain. C’est la langue d’usage dans les ministères. C’est la langue d’usage des ministres de la république et des hommes et des femmes politiques.  C’est la langue des discours officiels du Président de la république.

En effet, le français domine nos langues maternelles dans l’administration, dans nos écoles et dans la vie courante notamment dans les rencontres nationales entre élites intellectuelles. Cette langue française apparemment forte et dominante n’est rien face à l’anglais dans les rencontres internationales.

A la 17e conférence mondiale sur le tabac ou la santé tenue à Cap Town en Afrique du Sud tenue du 7 au 9 Mars 2018 a montré les limites de cette langue française qui était totalement absente des débats . L’anglais était la langue de travail. Une domination totale au point de rencontrer quelqu’un qui parlait français était quelque chose de rarissime. Ce qui est paradoxalement bizarre dans une conférence mondiale où on devait tenir compte des spécificités régionales dans l’organisation.

Je pense que cette situation ne résulte pas du fait qu’on était en Afrique Sud. Ou du fait que Mike  Bloomberg est américain donc parle anglais. C’est la preuve de la domination de l’anglais sur le français qui  doit amener  les pays francophones comme le nôtre  à réfléchir sur le sort  à réserver à  la langue française.

Je pense sans état d’âme que l’enseignement de l’anglais doit être renforcé pour rendre plus compétitifsnos ressources humaines sur le plan international. Qu’à cela ne tienne, la francophonie ne fait pas le poids devant  l’anglais. Malgré sa volonté  de participer au développement des pays membres à la francophonie, force est de constater qu’elle reste à la traine. Pour ce faite, il faut introduire dans l’école publique l’enseignement de l’anglais dès le cycle primaire.

Cette langue françaisepar laquelle j’ai appris à calculer, à lire  et à écrire comme tous les jeunes sénégalais n’est plus compétitive. Cette langue  que j’utilise depuis que j’ai six ans  pour exprimer mes idées et pour communiquer avec autrui peut légitimement continuer à être enseignée et à être notre langue officielle mais, il est impératif de l’adjoindre de l’anglais, sans quoi, nous participerons à la périphérie au banquet international du donner et du recevoir à cause de la barrière linguistique.

Le  Rwanda a donné le ton. C’est  un cas d’école. Le Sénégal doit pouvoir s’en inspirer. Cela ne veut pas dire se séparer de la langue française et  d’abandonner les valeurs qu’elle charrie. C’est une nécessité absolue pour être mondialement compétitif.

Vive le Sénégal !

Vive la république !

Par Baba Gallé DIALLO

Email : babadediana@gmail.com

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