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Usurpation de fonction, exercice illégal de la médecine et mise en danger de la vie d’autrui : ils administrent des injections pour augmenter les fesses des dames

Abdou Wahab Diop et Awa Dème Sow ne sortiront pas de prison jusqu’au mois de mars. C’est ce qu’a décidé le juge du tribunal des flagrants délits, hier. Poursuivis, respectivement, pour usurpation de fonction, exercice illégal de la médecine et mise en danger de la vie d’autrui et complicité de ces chefs, ils ont été condamnés à une peine ferme de six (6) mois.

Si l’on n’y prend pas garde, les injections pour grossir les fesses vont faire des ravages au Sénégal. C’est ce qu’a compris le juge du tribunal des flagrants délits de Dakar qui a infligé, hier, une peine exemplaire à Abdou Wahab Diop et Awa Dème Sow qui s’adonnent à cette pratique. En effet, ils écopent, chacun, d’une peine ferme de six (6) mois. Abdou Wahab est reconnu coupable des délits d’usurpation de fonction, d’exercice illégal de la médecine et de mise en danger de la vie d’autrui et Awa Dème Sow coupable de complicité de ces chefs. En effet, tout est parti d’une dénonciation au commissariat central de Guédiawaye qui a saisi la sûreté urbaine en les informant qu’à Rebeuss, une femme du nom de Dieyna aide des personnes à grossir les fesses. En effet, elle travaille de concert avec un homme qui se fait passer pour un médecin. Aussitôt, les enquêteurs procèdent à la recherche de ces individus. Ainsi, une victime du nom de Salimata Sy a été rencontrée. Cette dernière leur a révélé avoir vu des annonces faites par une certaine Dieyna sur son compte Instagram. Intéressée, elle a pris le numéro de téléphone de la dame qu’elle a ensuite contactée pour louer ses services. Ainsi, cette dernière lui a proposé de la conduire chez son collaborateur qui fait les injections. Croyant qu’elle allait être amenée dans une clinique, elle a eu la stupéfaction de se retrouver dans un studio privé à Ouakam.

Les détails de la perquisition fructueuses faite par les enquêteurs chez les prévenus

Poursuivant sa narration, la dame Salimata Sy informe les enquêteurs avoir déboursé la somme de 500.000 francs que les prévenus se sont partagée. Les investigations rondement menées par les enquêteurs ont révélé que derrière le profil de Dieyna se cachait Awa Dème Sow.Ainsi, les éléments de la sûreté urbaine ont procédé à l’arrestation de Abdou Wahab Diop et Awa Dème Sow.
Cette dernière, entendue, a reconnu les faits et a avoué aux enquêteurs que c’est elle qui a mis à la disposition de son coïnculpé la substance qu’il mettait dans les seringues.
Après ces auditions un transport des lieux a été effectué chez Abdou wahab et sa complice. Chez Awa Dème Sow, ils ont trouvé des suppositoires, des boîtes de crème fessier .
La perquisition faite dans le studio de Abdou Wahab qui lui sert également de cabinet a permis de découvrir un tensiomètre, un paquet de coton doux, des solution injectables, une bouteille d’alcool bleu déjà ouverte, une boîte de compresse, un thermomètre et plein de médicaments.

Les prévenus nient les faits mais déclarent avoir fait subir des injections à des personnes
Ainsi pour des faits d’usurpation de fonction, d’exercice illégal de la médecine et de mise en danger de la vie d’autrui et complicité de ces chefs, comparaissaient respectivement Abdou Wahab Diop et Awa Dème Sow. À la barre, Abdou Wahab a contesté les faits pour lesquels il est poursuivi. Toutefois, il reconnaît avoir administré des injections à des femmes. Interpellé sur les différents médicaments retrouvés chez lui, le prévenu déclare les avoir achetés pour son propre compte.  Pour la bouteille d’eau gel dénommée vagicar, il informe qu’il sert à resserrer le vagin. À la question de la représentante du ministère public de savoir s’il ne s’adonnait pas également à cette pratique, Abdou Wahab rétorque : « Ce gel sert à rétrécir le vagin. Il appartient à ma copine. » À l’en croire, seul un liquide lui a été remis par Awa pour qu’il l’injecte à ses clientes.

Déclarations que sa coprévenue a vivement contestée arguant n’avoir jamais donné cet acide à Abdou Wahab. Sur demande du ministère public, elle revient sur les circonstances auxquelles elle a connu ce dernier. « Je suis allée là-bas un jour pour acheter des médicaments. Il m’a fait savoir qu’il faisait ces pratiques. Naturellement je lui ai demandé si cela ne comportait pas d’effet secondaire. Il a répondu par la négative et m’a rassurée. Il m’a fait savoir que l’effet était immédiat. Captivée, je lui ai dit de tester sur moi. Mais cela s’est passé exactement comme il me l’avait dit. Mes fesses ont subitement grossi. Le lendemain, je suis tombée malade. Je l’ai appelé pour l’informer de mon état mais il m’a rétorqué que c’est tout à fait normal car l’injection était étrangère à mon organisme. Mais le surlendemain je m’en suis remise », raconte la prévenue qui soutient ignorer que Abdou Wahab n’était pas médecin. Curieusement, bien qu’habillée d’une robe ample, elle n’a aucune forme que l’on puisse déceler.

La représentante du ministère public requiert contre ex une peine d’emprisonnement de 2 ans dont 6 mois ferme

Tel est le cas pareillement pour la victime Salimata Ly. Présente à l’audience, tout le monde s’est posé la question de savoir ce qui l’a prise d’aller requérir les services des prévenus. Une belle sirène de teint clair. Elle était de taille élancée mais très mince. Les injections n’ont eu aucun effet sur elle.

Dans ses réquisitoires, la substitute du procureur a estimé que les faits d’exercice illégal de la médecine sont constitués à l’égard du principal prévenu. « Il tient son cabinet dans son propre studio et fait des injections. Ce qui relève du domaine des médecins alors qu’il ne l’a pas. Il n’a même pas fait des études de médecine. Il a ouvert son cabinet, il a ses seringues qu’il injecte sur les fesses des femmes. Les matériels et médicaments retrouvés chez lui attestent qu’il est en même temps neurologue, anesthésiste, gynécologue et gastro car un des médicaments servait à calmer les troubles gastriques », peste la parquetière. S’agissant du délit de mise en danger à la vie d’autrui, elle dira : « Abdou Wahab Diop n’est pas médecin mais pose des actes médicaux. Il ne sait pas la dose qu’il doit appliquer à la dame. Les autres produits ont été utilisés à moitié. Ce qui montre qu’il les a déjà administrés à des personnes. Il expose non seulement à un danger de mort mais d’infirmité et de blessure. Parce que quand on manipule des choses que l’on ne maîtrise pas, on ne peut pas contrôler les conséquences néfastes que cela va entraîner. » Pour le cas de Awa, elle estime que les faits sont têtus parce qu’elle reconnaît elle-même avoir fait une annonce sur sa page Instagram.

Me Ciré Clédor Ly, conseil de la défense : « C’est inadmissible de demander une peine ferme de 6 mois dans ce contexte de pandémie avec les prisons pleines à craquer »
Prenant la parole pour plaidoirie, l’avocat de la défense, Me Ciré Clédor Ly, dit ne pas pas comprendre la sévérité du ministère public à l’égard de ces délinquants primaires. « C’est inadmissible de demander une peine ferme de 6 mois dans ce contexte de pandémie avec les prisons pleines à craquer », plaide la robe noire qui demande que les prévenus soient renvoyés des fins de la poursuite.

Adja K. Thiam (Actusen.sn)

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